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10 Minutes avec….Aude Gandon (Google)

 AUDE GANDON

C’est l’histoire d une fille de pub qui voulait découvrir le monde. Quelques millions de miles plus tard il semblerait qu elle y soit arrivée. Portrait

Au départ, rien ne la prédisposait à devenir une business-woman de la Pub qui saute dans un avion comme on prend un café. C’est pourtant le destin qu’elle s’est créé, à force de détermination, et de quelques (milliers) d’heures de vol. Aude grandit dans une petite ville de Champagne, fille de militaire et d’une mère qui travaille dans l’administration. Sa famille y a ses racines depuis longtemps et jeune, Aude n’échappe pas au fameux principe du “tout le monde se connaît”. Ça sera sa première détermination : quitter rapidement cette belle province et partir découvrir le monde. Elle est tellement attirée par les grands horizons qu’elle collectionne les catalogues d’agence de voyages et surtout ceux qui parlent du grand nord américain. Dans sa ligne de mire : New York. On y reviendra (enfin surtout elle).

Un deuxième élément déterminera fortement sa trajectoire professionnelle, mais de manière inattendue. Depuis qu’elle est petite, elle rêve de devenir grand reporter de guerre et de couvrir les grands conflits qui peuvent changer la face du monde. Alors qu’elle n’est encore qu’au Lycée, elle effectue un stage d’initiation dans un journal local. Cette expérience fait l’effet d’un choc : elle y réalise que si par malheur elle n’arrivait pas à travailler à réaliser son rêve, elle pourrait bien n’être qu’une “simple” journaliste dans ce type de journal. Impossible. Le monde la titille la bien trop pour ça. Fan de mode, et de l’univers des marques en général (elle lit ELLE avec assiduité) elle choisit un secteur en plein boom en cette fin des années 1990: la pub. Pour ses parents, ce monde paraît bien loin. Peut-être auraient-ils préférés qu’elle écoute la recommandation de sa prof d’anglais qui la voyait bien suivre le même chemin qu’elle. Mais au lieu de l’en dissuader, ils la soutiennent dans son choix. Son bac en poche, elle part vivre un an au Royaume-Uni et revient à Paris où elle étudie à l’Iscom, l’école spécialisée dans la com et la pub. Elle en sort avec un job dans une agence de pub, FCA qui à l’époque gère de beaux budgets comme L’Oréal. Elle y fait ses armes sur des marques comme Héléna Rubinstein, Vichy, ou LaRoche Posay, et travaille sur ses premières (très) belles campagnes avec Elle Macpherson ou Estelle Lefébure en mannequin, et parfois des très grands noms de la photo comme Herb Ritts ou Hans Feurer (remis au goût du jour par Emmanuelle Alt de Vogue). Elle quitte FCA pour ce qui deviendra Leo Burnett à Paris et découvre une organisation à l’anglo-saxonne mais aussi l’opportunité de pouvoir réaliser son rêve de partir vivre à New-York. Un homme, qui deviendra son mari et le père de ses enfants lui fera quelque peu dévier de cette trajectoire en l’emmenant un peu plus près de Paris…à Londres. Elle y passera 13 ans et y commencera le développement international de sa carrière. Dès lors, les avions seront ses meilleurs amis. Elle gère pour le monde des marques du groupe P&G qui la font voyager en Russie, en Turquie, mais surtout… en Chine. Nous ne sommes qu’en 1995 quand elle découvre pour la première fois Guangzhou (Canton), qui à l’époque vit encore au rythme de la Chine d’avant. Elle y retournera plusieurs dizaines de fois, ici et ailleurs en Chine, à Pékin, Shanghai, où elle voit les villes changer d’un trimestre à l’autre.  Elle travaille sur un grand nombre de campagnes mondiales dont certaines qu’elle cite en référence comme celle par exemple pour Herbal Essence ou des singes simulent un orgasme ou celle pour la marque de cosmétique SK2 qui retrouve les racines de son produit phare qui protège la peau des mains du vieillissement en mettant en scène des moines qui fabriquent du Saké. Elle adore Londres, pour son énergie, et pour l’ambivalence de cette grande ville cosmopolite mais qui offre aussi un côté super charmant, fait de petites quartiers intimes et d’espaces verts un peu partout “où l’on peut sentir le printemps qui arrive”. Mais en 2008, New-York repointe son nez : cette fois ci sera la bonne. Avec son mari et ses deux enfants, la famille s’installe dans l’Upper East Side. Les voyages ne s’arrêtent pas pour autant bien au contraire. Toujours pour P&G, elle couvre le monde entier, de l’Inde, à l’Amérique du Nord. Pendant 3 ans, elle vit au rythme de Big Apple, cette ville qui ne dort jamais, et dont elle rêvait tant. 

 Aude Gandon
 Aude Gandon et sa fille

Et puis un jour… il est temps de rentrer diraient certains. Les enfants ont grandi, mais loin de la France. Alors ça sera Paris ! Elle quitte pour l’occasion le groupe Publicis (Leo Burnett) pour rejoindre IPG chez Mc Cann où elle retrouve le compte L’Oréal Paris dont elle s’occupe pour le monde. Ces années L’Oréal sont riches de rencontres fortes, elle travaille par exemple sur l’arrivée d’Inès de La Fressange (avec qui elle devient amie) et de Leïla Bekhti comme égéries de L’Oréal Paris, mais aussi, encore et toujours source de très nombreux déplacements. Elle part faire des tournages de pubs un peu partout mais dès qu’elle peut à Los Angeles qu’elle apprécie particulièrement, enchaîne sur des meetings en Australie puis en Europe… The world is not enough. Après deux ans, elle revient dans le giron du groupe Publicis où elle s’occupe de Nestlé pour le monde. Changement de décor, des shampoings et produits de maquillage au café Nespresso et aux bouillons cubes Maggie. C’est d’ailleurs pour la marque Maggie qu’elle découvre de nouveaux pays (si si c’est possible) comme le Nigéria par exemple.

 Leila Bekhti , L'OREAL
 Ines de la Fressange, L'Oréal

En 2015, une opportunité s’offre à elle de rejoindre Google et basculer ainsi du monde offline vers le monde online, où elle dirige le secteur en charge des grands comptes “Branding” soit le Luxe & Beauté, les acteurs de la Grande consommation et de l’Entertainment. Avec cette fois-ci un peu (beaucoup) moins d’avions au compteur…

Alors Aude qu’est ce que tu nous racontes ?

Ton style en 3 mots ? Assez simple et classique avec un “twist”. Et très souvent en noir.

Tes sources d’inspiration en ce moment ? Je suis très curieuse ! Mais sinon, mes enfants et mes (nombreux) voyages. Mes endroits préférés : Séoul, Tokyo, Beyrouth, et l’Inde

La tendance que tu aurais aimée lancer ? La petite veste en tweed Chanel et le smoking Yves Saint-Laurent

La tendance que tu aurais aimée empêcher ? La liste est longue…. Mais je dirais en priorité, les tatouages et piercings, et les chaussures à plateforme.

Ton objet fétiche ? Jen ai pas…

Ton créateur de mode préféré ? Azzedine Alaïa. Je me suis offert une jupe Alaïa avec mon premier salaire (j’ai mangé des pâtes pendant 2 mois après…), Yves Saint Laurent, et Hedi Slimane chez Saint-Laurent.

Ton adresse mode préférée ? 

Le Bon Marché
Barneys à New-York
Maxfield à Los  Angeles (super multi-marques qui fait aussi du vintage)
Et bien sûr Uniqlo et Zara !

Ton havre de paix ? Les Hamptons, sans hésitation.

Ton truc en plus ? Ma curiosité !

En enfin, ton conseil pour la suite ? Enjoy the Ride !!

Merci Aude !

 Aude Gandon & Francois Pignol