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10 Minutes avec….Moi-Même

“Parlez moi d’moi, y a qu’ça qui m’intéresse” chantait Guy Béard. A situation exceptionnelle, interview exceptionnel avec… moi-même

Bloqué dans un Eurostar en provenance de Londres, et dans l’incapacité de réaliser l’interview prévu, l’idée nous est venue avec Emma Easton la rédactrice en chef de Vloggist de modifier les codes de l’interview classique en soumettant celui qui pose les questions à … lui même ! Il y a plusieurs manières de parler de soi. La première, la plus simple, consisterait à user et abuser du “Je” en cherchant dans sa mémoire la plus proche les histoires les plus élogieuses, réelle ou fictives. Car après tout, seuls ceux qui me connaissent me connaissent, les autres, n’auriez qu’à croire ce que je raconte. L’autre, plus compliquée – les prétentieux diraient “subtile”- m’obligerait au don de dédoublement et à présenter “François” comme je présentais Mathilde, Camille, Shourouk, ou Rime dans mes portraits passés. 

Mon coeur vacille. Allez je me lance. 

S’il y avait une phrase qui pourrait décrire François, ça serait sûrement “J’aurais voulu être un artiste”. D’abord, parce que petit, il écoutait Starmania en boucle et pas n’importe quelle version, celle collector des débuts avec Balavoine, France Gall et les autres. Mais bien sûr il n’y a pas que ça. A 5 ans dans un café-glacier de Miramas, tel un Jacques Martin junior il monte sur scène et crie à qui veut bien l’entendre “Le spectacle va commencer”. Les années ont passé et les clients du café attendent toujours… 

Plutôt studieux, il passe une adolescence calme, laborieuse et sans éclats. Il fait du piano, et du dessin, mais pas de quoi se la jouer artiste pour autant. Par-ci par-là il pianote une chansonnette en se disant que ça pourrait faire un titre. Il y pense et il oublie. C’est la vie. C’est la vie. Les année étudiantes ouvrent la voie d’une vie festive, faite d’amitiés solides, nombreuses et souvent renouvelées et de soirées et bals costumés à gogo (ce garçon a un vrai truc avec les déguisements…) C’est qu’il aime (se la) jouer, essayer de faire rire et amuser la galerie. Avec un patronyme comme le sien, il partait avec une longueur d’avance. On l’affuble de surnoms allant de “Pignolo”, “Pipi”, “Pignol” à … “La Pine” (en 2 mots). 

La vie professionnelle reprend vite le dessus, elle sera sérieuse, en costard marine ou gris souris, le nez dans les slides; avant de devenir plus “cool” et digitale dans son job actuel. Et vient le cap de la Trentaine, celui de la Bonne-espérance. Une broutille diraient les vieux briscards. Mais à l’heure de l’hyper jeunisme, François se demande s’il n’a pas ou ne va pas “rater son tour”, celui de devenir le présentateur TV qu’il rêvait d’être, ou l’éventuel chanteur à texte à la française. Et tout comme l’appétit vient en mangeant, un pas après l’autre, il démystifie un peu tous ces vieux songes et commence par là ou il peut. D’une chanson, il finit par écrire 11 textes, 11 mélodies, dont il repousse encore l’enregistrement, mais qui finiront par sortir. Il se lance dans le “bloguisme”, un peu par hasard, mais de fil en aiguille son amie Samar lui propose la régularité d’une chronique “billet d’humeur” sur Unelibanaiseaparis. Et c’est de là que commence l’aventure de chroniqueur-pigiste sur Vloggist.fr. On est encore loin des plateaux  télé, mais tout arrive (peut-être à qui sait qui attendre). Ou alors c’est qu’il trouve dans ce slashing organisé une forme d’équilibre bien mérité…

 Samar Seraqui de Buttafoco, Candy Pfrunder & François Pignol

Alors François qu’est ce que tu nous racontes ?

Ton style en 3 mots ?  

J’ai toujours eu peur de ne pas avoir de style. Je crois que j’ai eu dans ma vie des périodes de “non-style,  avant de découvrir qu’aujourd’hui ça pourrait presque s’appeler “Normcore”. Et là je dirais plutôt classique, avec une légère touche preppy et si possible un peu d’élégance.

Tes sources d’inspiration en ce moment ?

Je vais voir beaucoup d’expositions, j’aime me nourrir d’images. J’ai un tropisme fort pour la peinture italienne de la Renaissance mais je vais voir beaucoup d’art contemporain aussi. En musique je suis super largué ! Je ne connais jamais les groupes du moment… Alors j’écoute de la musique classique et des variétés !

La tendance que tu aurais aimée lancer ?

J’adore les jaquettes… (sans mauvaise blague…). Je trouve que ça rend les hommes très élégants, élancés, racés. Ça doit être mon côté Downton Abbey. Après il vaut mieux être grand (pas trop mon cas) et plutôt fin (ça va je tiens encore….)

La tendance que tu aurais aimée empêcher ?

Les jogging qui donnent l’impression de s’être oubliés. Ceux dont l’entre-jambe descend très bas

Ton objet fétiche ?

Je n’étais pas matérialiste mais depuis qu’on m’a offert un porte document Saint Laurent pour mon anniversaire je ne le quitte pas .

Ton créateur de mode préféré ?

Pour hommes je ne suis pas assez à la page…. Sinon dans l’absolu j’ai une vraie fascination pour Karl Lagerfeld (peut-être plus pour le personnage et son esprit) et une vraie admiration pour Pierre Cardin (son côté visionnaire et super avant-gardiste).

Ton adresse mode préférée ?

APC, Maison Standard, Balibaris,

Ton havre de paix ?

Venise. Sur le pont de l’Accademia, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Ton truc en plus ?

Je crois que je suis assez sympa.

En enfin, ton conseil pour la suite ?

Le spectacle doit commencer…

Alors difficile de parler de soi ? Pas tant que ça finalement….

A suivre !

 François Pignol, Pierre Cardin et Emmanuel Beffy.