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72 h à la Nouvelle Orléans

 72 h à la Nouvelle Orléans

Cette semaine notre correspondante Américaine Sarah Mark retrouve ses racines Françaises aux USA. A l’assaut de New Orleans, elle partage avec vous l’exploration de la ville dans ses moindres recoins et ses bons plans.

Parce que la Louisiane est certainement le plus French de tous les états des Etats-Unis, il me fallait absolument partager avec vous cette petite escapade de 72h à la Nouvelle Orléans. Sans vouloir faire la rabat-joie, si c’est l’angle enterrement de vie de jeune fille, ou l’ambiance daiquiri et seins nus de Bourbon Street que vous recherchez, je vais vous décevoir. En revanche, pour le farniente culturel, le jazz, les poupées vaudou, les plantations de canne à sucre et la cuisine cajun qui font l’essence de cette ville emblématique du Sud, « come with me » !

C’est un drôle de feeling d’être française à la Nouvelle Orléans. Toute l’histoire de France, le nom des rues, l’héritage de la langue – l’anglais n’y devient obligatoire qu’après la 2nde guerre mondiale – font que l’on s’y sent particulièrement à l’aise. A cela s’ajoute les références cinématographiques qui vous interpellent à chaque carrefour : les parades musicales le soir qui permettront à James Bond de disparaître dans la foule, les références à « Princess and the Frog », les bad trip à l’acide version « Easy Rider », ou les vieilles maisons façon « 12 Years a Slave ».

Commençons par le plus évident que tous les guides du monde vous ressassent : le French Quarter. Les balcons en fer forgé d’inspiration espagnole, les maisons colorées feront de belles photos. Mais d’une manière générale, je vous conseille de passer le moins de temps possible sur Bourbon Street qui concentre les bars et les strip clubs et la clientèle qui va avec. Préférez-lui les parallèles Chartres Street et Royal Street pour vous balader et faire les vitrines des antiquaires. Finissez la promenade par l’incontournable Café Du Monde ouvert 24h/24 qui sert de délicieux beignets. Ça sera l’occasion d’ailleurs de mettre en pratique cet art très français de « griller la queue », parce que sinon c’est facilement une heure d’attente. Pour le déj, essayez le Café Amélie et son patio, c’est très agréable. Si vous voulez vraiment explorer la culture locale, allez déguster le Po’boys chez The Killer PoBoys, ce fameux sandwich offert aux travailleurs pendant la Grande Dépression par les restaurateurs italiens (le nom tire son origine de « poor boys »). Et si vous y êtes encore lorsque la nuit tombe mais que l’idée de vous faire vomir dessus ne vous enchante pas, essayez les cocktails du Carousel Bar à l’hôtel Monteleone, le Sazerac Bar de l’hôtel Roosevelt ou encore le French 75’s de chez Arnaud. Voilà qui conclue l’exploration du French Quarter, car si vous êtes malgré tout un peu obligée d’y aller, ça n’est pas non plus nécessaire de s’y éterniser.

 

Autre quartier qui pour le coup m’a personnellement beaucoup plus : le Garden District. Beaucoup plus aéré et vert, les maisons coloniales se suivent et ne se ressemblent pas. Mention spéciale pour Magazine Street et ses improbables boutiques pour ceux qui aiment chiner. De véritables cavernes d’Ali Baba où absolument tout ce que vous pouvez imaginer mais dont vous n’avez absolument pas besoin y est vendu (j’y ai acheté un vieux téléphone à cadran des années 60, une vieille affiche et un magnifique set de verres). Faites un stop patriotique à la « French Library », une enclave française de livres pour enfants avec un petit café dans le fond. Pour le déjeuner installez-vous en terrasse chez Cavan afin de savourer une salade ou un plat d’huitres. Attention ne vous effrayez pas quand vous verrez la taille des huitres, elles ne sont pas radioactives, c’est simplement qu’elles sont démesurées en Louisiane. Ils les servent d’ailleurs aussi « fried » si vous souhaitez abandonner toute forme de régime le temps d’un weekend. Et puisqu’on est sur le registre des restaurants, il faut ab-so-lu-ment réserver une table pour diner chez Shaya. La cuisine y est d’inspiration israélienne. Essayez l’agneau braisé qui fond dans la bouche ou le bœuf tartare qui n’a rien à envier aux bistrots parisiens, et évitez de manger trop de beignets pendant la journée car vous aurez envie de tout goûter. Autre option dinatoire plus traditionnelle à essayer : Commander’s Palace, ce restaurant old fashion face au cimetière Lafayette propose une cuisine cajun élégante et si vous ne trouvez pas votre bonheur sur la carte – ou si comme moi vous êtes allergiques à tout – le chef vous préparera ce que vous souhaitez, le service en gant blanc est irréprochable et digne d’un trois étoiles.

Bon on ne peut pas non plus passer le weekend à manger… Du coup petite excursion culturelle intéressante à la Oak Alley Plantation. Cette visite du bayou et des fameuses plantations de cannes à sucre est un véritable voyage dans le temps : le passé esclavagiste mais aussi les décors de cinéma façon « Entretien avec un Vampire ». Sur le retour, un tour en air boat vous permettra de voir les alligators.

Toujours sur le volet culturel, allez visiter la tombe de Marie Laveau, la mère du culte vaudou, dans le cimetière Saint-Louis. Il y a toujours un guide local sur place qui vous racontera pleins de petites anecdotes. Et vous y découvrirez aussi la future tombe de Nicolas Cage qui a jugé utile de se réserver un spot au « chaud » allez savoir pourquoi. Et pour le côté Jazz, revoyez vos attentes à la baisse, c’est très largement touristique, mais si vous voulez vous offrir un petit interlude musical allez faire un tour sur Frenchman Street dans le quartier Marigny. Dernière remarque : à moins que vous ayez une envie irrépressible de crêpe vegan gluten free un peu trop cuite, laissez tomber le French Market, il n’a de French que le nom.

Si vous vous embarquez dans un road trip américain cet été, faites en sorte de passer par la Nouvelle Orléans… ne serait-ce que pour ramener une poupée vaudou et quelques aiguilles, histoire que votre boss se tienne à carreaux jusqu’à la fin de l’année.

See you next week !