Lifestyle

La Branchée détachée et la Trend-setteuse Laborieuse

Après le combo des hétéros de la semaine dernière, cette semaine fait la part belle à ceux et celles qui sont nés dans le coup et ceux.. qui cherchent à l’être. D’un côté la Branchée détachée, et de l’autre, la trendsetteuse laborieuse ….

La branchée détachée :  On ne croise jamais vraiment son regard, voilé par les volutes de sa fumée. Petite, elle léchait les vinyls de la Motown et grignotait les bouchons de Ruinart qui roulaient sous les canapés, vestiges de fêtes de ses parents. Elle a poussé comme ça, sans cadre ni filet, terminant les desserts des invités célèbres de passage, déambulant sans le savoir dans l’univers bohème et cultivé que ses parents s’étaient créés. Élevée dans un milieu où l’argent ne manque pas, enfin, qui sait…. elle est l’aristocratie de la branchitude. Arrivée l’âge adulte, les amis célèbres sont devenus les siens. Comme ça, sans chercher. A tel point qu’aujourd’hui, tout ce qui l’entoure est – ou a été – au moins à un moment, considéré comme “branché”. Bien sûr elle n’a jamais cherché à être qui elle est devenue : ça lui est tombé dessus. Ses vêtements, elle les chine aux fripes ou dans des boutiques vintage. De temps en temps elle s’offre une belle pièce de créateurs, histoire de faire contraste avec les fourrures qu’elle pique à sa mère. Sa déco : des vieux meubles de famille, quelques bonnes idées, et bien sûr les puces. Ses amis sont comédiens, designers, de si de ça, ou de pas grand chose. Qu’importe, c’est forcément “cool”. Elle est partout, mais toujours un peu par hasard, toujours un peu de passage.  Un nouveau restaurant à la mode ouvre dans un ancien hotel désaffecté, elle y est passée la semaine d’avant pour faire une bise à son pote archi qui s’est occupé du lieu. Le dernier prix de Flore ? un ami d’enfance qu’elle adore.

Fascinante, on aimerait pouvoir l’approcher. Peut-être que Dieu, ce fumeur de havanes, pourrait nous y aider…

 

La trend-setteuse laborieuse: Des sleepers qui trainent sur le tapis gris –  les ballerines ayant été mises au placard en 2011-  une tasse rose avec un fond Kusmi Détox qui refroidit, Mariages Frères c’est pour l’hiver. Vogue, Glamour, Grazia et toute la Condenast connection éparpillée un peu partout. Bienvenue chez la Trend-setteuse laborieuse. Cet été, c’est le retour de l’imprimé Gipsy; amusant pour une fille qui a toujours payé ses factures à temps. Elle l’achetera quand même. Elle l’a vue sur Kate. Elle était passée à côté du sabot scandinave en 2014, pas question de rater le coche cette fois-ci.  Et pourtant Dieu sait qu’elle se donne du mal : le Fooding pour la table, AD pour l’ambiance, Le BonBon pour la fête, les Inrocks aux platines, et Teknikart à la culture. Et malgré tout.. Il manque le “truc”. Ce fameux je-ne-sais-quoi qui transforme une ripaille en festin, une toile en chef-d’oeuvre, une caresse en orgasme.

Mais au fond, ils sont moelleux ses coussins, non? On l’aime bien son thé de saison, sa salle de bain qui sent bon, les concerts où elle nous traîne, ses tenues très étudiées….

Et comme tout travail mérite salaire, donnons lui une prime, ça lui fera plaisir, et son sourire, lui, n’a rien de calculé.