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De l’art, de l’art, de l’art

 Maurizio Cattelan Not Afraid of Love, La Monnaie de Paris

Un tourbillon d’art s’est abattu sur la capitale, du contemporain Cattelan à la Monnaie de Paris à la grandiose exposition de la collection Chtchoukine à la Fondation Vuitton. Pour notre plus grand plaisir.

Le temps d’une semaine Paris a vécu au rythme des vernissages, cocktails et autres festivités liées au monde de l’art. Un peu comme pour la mode, l’Art a su se rendre désirable et a instauré un calendrier bien minuté au risque de donner le tourni aux spécialistes et amateurs du marché. Récit d’une Art Week grandiose pour Paris, capitale de l’Art.
Mercredi, c’est bien sûr la FIAC qui ouvrait les hostilités, avec –  comme nous le signalions ici même – une édition de très grande qualité sous la Nef, de nouveaux espaces au sein du Grand Palais et une vraie intégration dans la ville avec les oeuvres aux Tuileries, Place Vendôme et au Musée Delacroix.

Le soir, la Monnaie de Paris inaugurait une exposition hommage à l’artiste italien Maurizio Cattelan. Soutenu à Paris par son ami et galeriste de toujours Emmanuel Perrotin, Cattelan s’est fait connaître pour son travail de plasticien et sculpteur. Génialement absurde pour certains, provocateur et sulfureux pour d’autres, Cattelan est l’auteur d’oeuvres qui ont fait grand bruit. On lui doit par exemple la sculpture “Him”, représentant Hitler en tenue d’écolier priant agenouillé, présente dans l’exposition, le Cheval à la tête dans le mur, également présente, ou encore le géant doigt d’honneur face à la bourse à Milan. L’exposition “Not Afraid of Love” intègre très habilement les oeuvres dans le décor des salons de la Monnaie, avec d’un côté un homme qui sort du parquet, le pape Jean-Paul II foudroyé par une météorite, un cheval qui pend du plafond, ou encore des pigeons qui nous épient depuis leur promontoir. A voir.

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 La sculpture de Cattelan face à la bourse de Milan. REUTERS

Jeudi, le galeriste autrichien Thaddeus Ropac  installé depuis 1990 à Paris, après avoir ouvert son premier espace à Salzbourg – recevait dans son immense espace de Pantin pour une fête arty à l’occasion de l’exposition consacrée à l’artiste américain James Rosenquist. Très inspirée par la publicité, l’oeuvre de Rosenquist s’inscrit dans le courant Pop-Art américain, mélangeant réalisme des formes et futurisme des compositions. Si Pantin n’est pas, a priori, sur votre whish-list des ballades des prochains week-end, cette belle exposition pourrait vous faire changer d’avis ! A découvrir.

Vendredi, apothéose. A la Fondation Louis Vuitton, (le très impressionnant édifice imaginé par l’architecte américain Frank Gehry, à qui l’on doit également le musée Guggenheim de Bilbao et plein d’autres buildings magnifiques) avait lieu le vernissage de l’exposition phare de cet automne à paris : la présentation d’une grande partie de collection Chtchoukine. Impossible d’avoir manqué le flot médiatique, presse, télé, radio qu’a suscité cette exposition et il est à la hauteur de son importance. Bref récap : né en 1864, Serguei Chtchoukine est le fils d’un riche industriel du textile à Moscou, qui se passionne très vite pour l’art contemporain européen de son temps. Il achète son premier tableau impressionniste à Paris en 1867 – un Monet – et ouvre alors le champs à une boulimie d’achat absolument incroyable. A Paris, bien sûr, aidé aussi par les grands marchands galeristes de l’époque Ambroise Vollard, ou Paul Durand-Ruel, Chtchoukine achète tout ce qu’il aime et surtout sans compter. Il découvre Cézanne, dont personne ne veut (encore), il achète beaucoup de Picasso, déjà génie mais par encore super star, il aime beaucoup Gauguin, il se lie d’amitié avec Matisse à qui il achète et commande des oeuvres qui seront les chefs d’oeuvre de l’artiste, comme la Danse, ou la Musique (exposés à l’Ermitage et qui n’ont pas pu faire partie de l’exposition à la Fondation Vuitton) ou encore la chambre rouge, exposée.  L’histoire, tragique, s’abat sur cette collection merveilleuse, quand les bolcheviks réquisitionnent les tableaux en 1917 et décident (sous Staline) de ne pas préserver son unité, mais de l’éparpiller entre le  musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg et le Musée Pouchkine à Moscou, connus pour leur rivalité légendaire. C’est ce qui fait de cette exposition un vrai tour de force : présenter pour la première fois, hors de Russie un grand nombre de chefs d’oeuvres de l’art moderne et de les réunir dans un même lieu, comme autrefois, quand elles habillaient les murs du Palais Troubetskoï.

A travers 130 tableaux, organisés de manière thématique, l’exposition donne le tourni par la beauté des oeuvres qui sont présentées.  A voir, absolument.

Bonne semaine !

A suivre,

François