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Death Kiss, Embrasser est-ce tromper ?

 Death Kiss

Faut-il interdire les baisers de côté ?

Une étude de l’Ifop sur les pratiques amoureuses et sexuelles des parisiens, publiée il y a quelques semaines, révélait que 68 % des hommes habitant la capitale avouaient avoir déjà embrassé une autre personne que leur partenaire (et 58 % avoir déjà couché avec un/e autre). De quoi relancer le bon vieux débat : embrasser, est-ce tromper ?

Si l’on est tous d’accord, a priori, pour dire que coucher revient sans appel à tromper, les avis divergent concernant le baiser. Et les pratiques aussi. A l’inverse de l’acte sexuel qui nécessite du temps (celui de se déshabiller, de se toucher, et l’acte lui-même, enfin, en général…), et implique donc que l’infidèle a bien fait le choix de tromper puisqu’il avait l’occasion, répétée à chaque seconde, de se reprendre et de faire taire ses pulsions, le baiser est fugace, rapide, et parfois incontrôlé. C’est d’ailleurs souvent la parade et l’argument que brandissent ceux qui ont pêché : « ça n’a duré qu’une seconde, je te jure, et ça ne voulait rien dire ». Tout dépend évidemment du sens. Et donc du contexte.

Embrasser une autre que sa belle le soir du nouvel an en même temps que la moitié de la salle ne semble en effet pas être la preuve d’un amour caché. On pourrait ajouter que nombreuses sont les filles qui, même en couple, au cours d’une soirée bien arrosée, peuvent finir lèvres collées contre celles de leurs amies proches sans que cela n’indique une réorientation sexuelle ou une infidélité assumée (c’est moins fréquent entre garçons, et sûrement moins toléré). En revanche, si l’on apprend que sa moitié a partagé sa salive un long moment avec un/e autre, et qu’il ne l’a pas fait sous l’influence d’une quelconque drogue ou dans un état subconscient, la chose diffère. Et le sens avec. Car en dépit du fait que les baisers soient une monnaie d’échange courante et que nos lèvres soient plus exposées que nos sexes, rendant le dérapage plus facile, pour beaucoup embrasser est un acte plus intime encore que coucher.

C’est l’argument que j’entendais en posant la question autour de moi et en m’apercevant que pour la majeure partie des gens, le baiser est l’acte romantique par excellence et aussi la marque d’un rapport amoureux qui diffère du simple rapport sexuel. « Les prostituées, par exemple, n’embrassent jamais » me rappelait-on ainsi justement, « parce que c’est un geste sexuel et sensuel à la fois ». Pour autant, lorsque je leur demandais si pour eux coucher était, de fait, moins grave qu’embrasser, la réponse était unanime ; absolument pas. Précisément parce que l’acte sexuel dure et indique donc que son conjoint a fait un choix et qu’il est responsable quand un baiser peut nous échapper. Ce peut être une pulsion, et nous sommes bien des animaux, ou une erreur aussitôt regrettée, et aussi animaux que nous soyons nous sommes aussi humains et l’erreur est humaine. Bref, difficile de monter un procès sanglant sur un simple baiser. Et de prouver l’infidélité sur un si court instant. Le baiser serait donc moins coupable que le fait de baiser, non par ce qu’il représente, mais par sa durée. En d’autres termes, il peut être le summum pour beaucoup de l’infidélité, mais il est aussi le plus malin puisqu’on peut difficilement le condamner sévèrement.

On ajoutera toutefois que si tromper est avant tout briser la confiance et donner à autrui ce qu’on prétendait ne réserver qu’à un/e, le baiser arrive quand même en tête en terme de trahison. Car n’est-ce pas notre bouche qui ouvre verbalement notre cœur à autrui en nous autorisant à dire ce qu’on ressent en lui disant je t’aime ? Et partager sa bouche, n’est-ce pas alors aussi, partager légèrement notre cœur ?