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Fiac Me I’m Famous

 Jan Fabre, lui, sera dans le Jardin des Tuileries avec -L'astronaute qui dirige la mer -, 2006, bronze, Emmanuel Nguyen Ngoc. Courtesy Galerie Daniel Templon, Paris,Brussels

Longtemps, le monde de l’art contemporain est resté dans l’imaginaire populaire un monde d’initiés, mélangeant d’un côté la frange des intellectuels en mode “vous ne pouvez pas comprendre” et de l’autre, le gang des marchands et de leurs clients qui y voyaient parfois (souvent?) un bon placement. Au milieu de tout ça, y à nous y à moi. Non y a les artistes bien sûr. Disons que cette vision simplifiée voire simpliste tend à s’estomper au fil des années, non pas que les intellos aient perdu leur verve, ni les marchands leur tiroir caisse,  mais parce que des institutions d’envergure comme la FIAC contribuent année après année à inscrire l’art contemporain dans la cité (je sais je parle comme un prof de géographie urbaine) mais c’est vrai ! Cette foire – car il s’agit bien d’une “place de marché” comme le rappelait et le clamait Jennifer Flay, la directrice de la FIAC lors de la conférence de presse inaugurale – a eu tendance à grandir et à dépasser son cadre initial de lieux d’expositions de galeries d’art. Et c’est très bien ! Cette année par exemple, au sein même du Grand Palais qui reste le coeur névralgique de la foire, de nouveaux espaces ont été ouverts afin d’accueillir des galeries plus petites, plus jeunes, peut-être aussi plus pointues, et qui n’auraient pas les moyens de s’offrir un espace sous la nef.


Les Galeries Lafayette, grand mécène de l’art contemporain et partenaire officiel de la FIAC participe d’ailleurs activement à ce mouvement en favorisant l’accès à ce type de galeries au sein d’un espace qui leur est dédié. Mais ce qui fait de cette FIAC une “très belle édition”  tient aussi à son ancrage au-delà du Grand Palais. Pour la 1ère année, le Petit Palais qui lui fait face accueille une exposition d’oeuvres contemporaines dispersées au sein des collections du musée pour leur faire résonance. L’avenue Winston Churchill a même été rendue piétonne pour l’occasion (encore de quoi faire grogner les automobilistes…).  

  Un peu plus loin, le jardin sculptural des Tuileries se transforme cette année encore en parc à sculptures, avec par exemple des oeuvres de Jean Nouvel, ou Jean Prouvé. Toujours en extérieur, sur la majestueuse Place Vendôme, l’artiste suisse Ugo Rondinone a installé une forêt d’oliviers blancs…  

 Ugo Rondinone donne rendez-vous sur la place Vendôme. Ici en 2010 dans le Jardin des Tuileries

Assez parlé installation, et les oeuvres dans tout ça ? N’étant pas critique artistique je ne me risquerai pas à une analyse détaillée de la manifestation. Ce qui frappe tout de même c’est le mouvement, déjà entamé depuis quelques années, d’assagissement généralisé. On est loin des oeuvres coup de poing, coup de gueule, coup de boule… ou mauvais coup. Il semblerait que la toile reste l’objet d’expression privilégié pour les artistes, alors que les installations et les oeuvres plastiques avaient eu tendance à prendre le pli il y a une petite dizaine d’années. On retrouve bien sûr les grands noms de l’art contemporain, de Damien Hirst, à Bernard Frize, en passant par Murakami, Xavier Veilhan, Adel Abdessemed, ou Rudolf Stingel mais comme toujours l’art moderne n’est jamais loin avec plusieurs Fontana, beaucoup de Dubuffet, du Picasso, du Miro, plusieurs Tom Wesselmann…. Et tellement d’autres encore.

C’est peut-être le seul défaut de ce type de foires, passé un moment il devient difficile pour l’oeil de ne pas se poser sur une oeuvre, mais il en devient ainsi plus compliqué d’en apprécier la saveur…. Problème de riches, peut-être. A voir donc, au Grand Palais, et au Petit Palais (Avenue Winston Churchill Paris 8ème) jusqu’au 23 Octobre, et hors les murs un peu plus longtemps. Plus d’infos sur http://www.fiac.com/paris Vive l’art ! A suivre