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« Tout, Tout, Tout est fini entre nous », ou l’art de conclure une histoire courte

Les histoires d’amour, les longues, les vraies donnent lieu à de nombreux écrits.  Mais personne ne s’intéresse aux histoires courtes;  les histoires d’une nuit qui ne voient jamais le jour, les histoires d’une semaine, d’un ciné, d’un verre, ou celles qui n’ont tout juste pas eu le le temps de commencer.

Si courtes soient elles,  elles n’en sont pas moins dépourvues d’intérêt. Parfois intenses, parfois futiles, elles peuvent laisser des traces indélébiles, et je voudrai par ce billet leur rendre hommage, leur donner la lumière qu’elle n’ont jamais, et les réhabiliter dans le panthéon des histoires d’amour.

J’ai voulu  tirer quelques enseignements de mes expériences passées à la fois en tant qu’auteur et … victime de ces fins de relation dont personne ne parle jamais :

– la fin claire et franche : à peine le drink consommé, la nuit passée, et les premiers textos échangés, certains préfèrent rapidement mettre les pieds dans le plat et ne pas laisser l’autre se plonger dans un imaginaire qui n’aura pas lieu. Alors cela donne le classique “désolé mec, ça va pas le faire”. et Bam dans la gueule.  Mérite de la franchise.  Ou alors une version édulcorée  qui trahit chez son auteur une forme de lâcheté : “Désolé j’ai pas envie de ça en ce moment »

– l’accord tacite de fin de non recevoir : c’est l’apothéose des fins de relations courtes. Telle une romance sans parole les deux participants n’ont point besoin de signifier à l’autre que ça ne marchera pas, l’évidence s’impose à eux. Leur entente sur ce sujet est totale. Point de texto « c’était cool, a +”, ni même de “on s’appelle”’. NON rien de tout ça. Juste un au revoir. et la compréhension mutuelle et tacite que cela ne sert à rien de commencer de tenter d’essayer.

– le black out : Brutal, et assez lâche, le black out consiste à ne plus répondre, du jour au lendemain, et peu importe l’intensité des échanges qui le précèdent. Bien sur parfois des circonstances peuvent empêcher une personne de répondre, mais il faut considérer qu’au delà de 3 jours, le scénario black out doit être compris comme tel. Face à cette rupture inopinée et sèche de la communication, malheureusement, point de salut, l’accepter, et passer son chemin. Ou laisser le hasard faire son travail.

– la réponse tardive : c’est une version dérivée du Black Out, sorte de  tentative avortée, mais qui mérite d’être considérée comme une forme à part entière.  Elle combine chez son auteur une volonté affirmée de marquer le coup en laissant passer quelques jours avant de répondre, mais par lâcheté, ou bienveillance, l’auteur craque et répond. Souvent une phrase banale, qui ne laisse aucune ouverture possible. L’auteur n’est point pris en défaut de goujaterie éhontée (comme dans le cas du Black Out) mais le subterfuge ne passe pas.  

– la fin queue de poisson : c’’est la plus complexe . Elle prend des formes diverses, n’assume pas totalement son caractère de fin. Pas aussi radicale que les autres, c’est un mélange de “je ne veux pas”, mais “Je ne te veux pas de mal”, mais “‘Je ne veux pas quand même”. Elle peut elle aussi prendre une forme plus ou moins sévère, du mielleux mais parfois bienveillant “je préfère qu’on reste ami” au plus froid et tranché “Je te tiens au courant”; ce qui bien sûr, n’arrive jamais.   

– le cumul des mandats  : Enfin, il y la fin royale, celle qui cumule plusieurs combinaisons. Son auteur, le cumulard, est évidemment tiraillé. Comment s’en sortir, sans froisser, tout en étant clair, mais pas blessant. Mais clair quand même. Le cumulard utilise allègrement la fin queue de poisson, dans un schéma réponse tardive, mais tout en pouvant revenir le lendemain avec un “petit texto sympa” pour finalement finir en Black Out. En résumé : à fuir.

Voilà quelques pistes, vécues ou subies. Il y en a d’autres j’en suis sûr.

Mais parole de scout, je n’ai toujours pas réussi à trouver la meilleure voie de sortie…

En finir avec les histoires courtes peut-être ?

C’est une idée.

A suivre

#chroniquesdefrançois