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From Paris to NYC #9 : Bien manger au pays de la malbouffe

 From Paris to NYC#9 : Bien manger au pays de la malbouffe

Bien manger au pays de la malbouffe

“Nous sommes en 2016, tout le pays est occupé par la malbouffe. Tout? Non ! Un petit village d’irréductibles foodies résiste encore et toujours à l’envahisseur.” Il y a à New York un entêtement presque gaulois à repousser la malbouffe. Le veganisme est élevé au rang de quasi religion. C’est devenu tellement à la mode qu’on se demande comment on a osé un jour manger de la viande ! La peinture, les t-shirts, le cuir, les crèmes, le vernis… tout doit être vegan. J’essaie de ne pas sombrer dans la folie ambiante : si c’est compatible avec mon lifestyle tant mieux, sinon au diable ! Côté cuisine en revanche c’est une toute autre histoire. Malheureusement pour moi, il y a quelques mois les médecins ont sifflé la fin de la récré : mes jours sont comptés, mon œsophage se dissout, au secours la situation est grave. Fini le gluten, l’avoine, les amandes, le sucre, les œufs et les produits laitiers. Gros coup d’angoisse : vais-je devoir sucer des glaçons jusqu’a la fin de mes jours? Moi la Frenchy, on m’enlève le pain et le beurre ? Pauvre de moi ! Une fois passés les larmes de crocodile et les laïus plaintifs à qui voulait bien m’écouter, j’ai appris à utiliser les ressources que New York – et surement Paris aussi – met à ma disposition. Voila quelques trucs pour bien vivre le veganisme.

D’abord les restaurants. Ils ont flairé le filon et nombre d’entre eux offrent à présent une option végétarienne. Je vous donne sans détour mes deux adresses préférées: Sant Ambroeus West Village où le chef Andrea Bucciarelli se plie en quatre pour proposer des options adaptées à la sévérité de mon régime, avec notamment les meilleures pâtes gluten free que j’ai mangées.

 

Autre restaurant plus “hardcore vegan”: Nix, à Greenwich Village. Je pourrais vous dire combien j’adore ce restaurant végétarien, mais je préfère avancer un argument bien plus convaincant: mon mari, carnivore invétéré, m’y accompagne avec plaisir. La première fois c’était à reculons, par compassion, convaincu qu’il serait forcé de s’y mettre à quatre pattes pour brouter de l’herbe. Depuis, c’est devenu l’une de nos adresses régulières. D’ailleurs c’est plein tous les soirs. Il faut impérativement réserver !

 

Il est donc à peu près possible de trouver des solutions adaptées aux “diet” les plus farfelues pour les déjeuners et les diners. Il faut maintenant résoudre le problème du petit déjeuner qu’on a quand même envie de prendre chez soi. J’ai trouvé ma solution: le « chia seed parfait ». J’ai découvert ça récemment chez Fresh & Co, un fast food ou tout est healthy, c’est crémeux, doux, avec la juste dose d’énergie et de nutriment et surtout je vais vous dire comment le faire à la maison.

 le « chia seed parfait » de Sarah Mark

Avant que celles qui ne mettent pas un pied en cuisine s’effraient: c’est sans cuisson et super facile!

  • 1 boîte de conserve de lait de coco organique
  • 35 grammes de graines de “chia” perso je préfère le blanc c’est plus esthétique
  • 2 cuillères de sirop d’agave ou plus selon votre besoin en sucre
  • 1 gousse de vanille fraiche (juste les grains)

Mélangez tous les ingrédients ensemble, versez la “mixture” dans des petits pots et laissez au frigo pour la nuit. Au réveil vous n’avez qu’à consommer, et pour agrémenter votre parfait vous pourrez saupoudrer de fraise ou de granola. Et voila qui règle la question du petit déjeuner (bon il faut encore adresser le sujet de la prononciation de “chia” qui visiblement fait débat – ici c’est [tchia] mais je crois comprendre qu’en France, il y a un certain « lobby » qui pousse pour [kia]… ce qui s’explique somme toute assez logiquement d’ailleurs).

 

 le « chia seed parfait » de Sarah Mark
 le « chia seed parfait » de Sarah Mark, Etape 2
 le « chia seed parfait » de Sarah Mark, Etape 3

Dernier problème à résoudre : le repas post session de sport (moi c’est la boxe et les poids, mais ça marche pour tout bien sûr : yoga, pilates, vélo, etc.). Où trouver les protéines tout en évitant les barres protéinées bourrées de “nuts”, les œufs ou les smoothies riches en fruits exotiques trop sucrés ? La solution, avec son juicing à pression à froid, est chez Liquiteria. C’est une chaine qui a compris depuis plus de vingt ans qu’il faudrait un jour penser à boire autre chose que des sodas.

 

Ils proposent et mixent à la demande des recettes aux noms très explicites. Moi c’est le « mean green » (« méchant vert ») que je revisite à ma sauce. Mon « mixer » attitré qui se fait appeler « O’ » m’enlève les jus d’ananas et mangue et me laisse kale (qui jusqu’à la récente mode de la healthy food était exclusivement réservé à nourrir les lapins), épinard, banane, pomme, une cuillère de protéine vegan en poudre, et une petite cuillère de chia. Pour celles qui sont moins branchées « green », il y a le « berry powerful » à base de myrtilles.

 

 Sarah Mark ne lache pas sa boisson healthy, Liquiteria

Étrangeté de la vie ici: la myrtille est peut-être un des seuls fruits qui a plus de goût de mon côté de l’Atlantique. Myrtilles donc, fraises, framboises, quelques morceaux de banane, toujours la petite cuillère de protéine vegan, une cuillère de graines de lin et un splash d’eau pour mixer le tout (exit le lait d’amande). Et voilà comment on peut recharger les batteries : c’est frais, c’est sain, c’est sucré naturellement et ça tient au corps. Pour celles qui seraient pro-cleanse ou qui n’ont pas le temps de déjeuner, ça peut même vous remplacer un repas sans problème.

Si vous vous sentez gênées ou dévisagées quand vous osez demander au restaurant si un plat contient du gluten, du lait ou s’il existe des options végétariennes au menu, sachez que vous n’êtes plus seules, et qu’ici la résistance s’organise!

See you next week!