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God save the Queen

 The Crown

Que faire quand il commence à faire froid ? Rester chez soi et regarder des séries bien sûr ! Cette semaine, une découverte à ne pas rater : The Crown.

Encore un billet qui commence par “L’hiver arrive, il fait froid, on a envie de rester au chaud, de retrouver son petit cocon, et de savourer une bonne soupe bien chaude devant une bonne série télé”. Ça sonne mièvre hein ? Et pourtant, pourtant, comme dirait la chanson, ça sonne vrai ! Et oui ma bonne dame. Et d’ailleurs, il y a plutôt des (très) bonnes choses à voir en ce moment. J’en citerai deux, mais ne m’attarderai que sur l’une d’elles : the “Young Pope” et “The Crown”.

Les chaînes et plateformes payantes sont d’humeur “grands personnages” en ce moment on dirait, entre d’un côté Canal + qui nous livre une vision Sorrentinienne (de Paolo Sorrentino à qui l’on doit, entre autres, “La Grande Belezza” et “Il Divo”) d’un “Young Pope” à la sauce Jude Law et de l’autre Netflix qui nous fait revivre les premières heures du règne de la reine, que dis-je de THE QUEEN, Elisabeth II dans “The Crown”. C’est de cette dernière que j’aimerais vous parler (je trouve le “Young Pope” un poil trop prétentieux, même si, même si..).

Donc, revenons à la petite soupe aux carottes devant la reine (c’est mon côté Laura Ashley). D’abord cette série a le mérite de revenir sur une période qu’on connaît peu, le début des années 1950 au Royaume-Uni. On a en tête la version française de l’après-guerre, mais moins celle de nos voisins outre-manche. Ensuite, bien sûr, l’intérêt de la série repose sur son propos : que sait-on au final de cette reine dont le règne depuis 65 ans en fait l’un des témoins les plus privilégiés de notre histoire contemporaine. On en connaît ses tenues, colorées, très colorées, ses chiens, nombreux, sa stature impassible et imperturbable. On se souvient de sa retenue, ou pire de son silence, au moment de la mort de Lady Diana, qui avait sonné comme un vent de froideur sur cet événement si tragique pour certains, et néanmoins important pour les autres (à revoir la superbe Helen Mirren dans “The Queen” qui avait campé le personnage de la reine exactement à cette période de sa vie). Dans “The Crown” on y découvre une jeune reine qui rêvait d’une vie plus simple, de mère de famille, d’épouse aimante. On comprend le traumatisme qu’a dû être l’abdication d’Edouard VIII, plus connu sous son titre post règne de Duc de Windsor, qui laissa à son frère (le père d’Elisabeth) le lourd fardeau de la couronne, alors que ce dernier n’aimait rien moins que de s’exprimer en public (le très bon  film “Le discours d’un Roi” retrace le destin de Georges VI, père d’Elisabeth et notamment son combat pour vaincre ses problèmes d’élocution). C’est ce fardeau qu’il lègue à la très jeune Elisabeth, à peine plus préparée que son père à l’exercice du pouvoir. On y découvre un prince Philip, Duc d’Edimbourg, qui a du mal à s’habituer à cette condition de Prince Consort, “mari de”, à qui l’on n’autorise plus d’exercer son métier d’officier de marine, et à qui on ôte le droit filial de transmettre son propre nom de famille à ses enfants, pour lui préférer le nom officiel de la dynastie royale : Windsor (bien que son nom d’usage Mountbatten ne soit en fait pas son vrai nom mais la version anglophonisée du nom de famille de sa mère Battenberg). On y retrouve un Winston Churchill en fin de carrière politique, toujours assuré de sa superbe en tant que Premier Ministre mais dans l’aura vieillissante agace en premier lieu dans son propre camp. On adore les décors grandioses des palais de Londres, de la chambre Renaissance de la Reine Douairière Queen Mary, grand-mère d’Elisabeth, jusqu’aux grands salons immenses et froids de Buckingham Palace, résidence officielle des monarques du Royaume-Uni.

Bref, vive l’hiver, vive les soupes, Merci Netflix et Long live the Queen.

A suivre
François