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Interview 10 minutes AVEC… Charlotte Savreux

Elle l’a décrété : l’année 2017 sera l’année du déclic ! Pas électoral… mais personnel. Journaliste éclectique, soucieuse du bien-être et de l’épanouissement individuel, Charlotte a sorti son premier livre “L’Année du déclic”. Portrait.

 

Quand on la voit si joyeuse, souriante, volubile, on a du mal à imaginer qu’elle était une enfant timide. Et pourtant, à l’école primaire, au collège, Charlotte ose à peine prendre la parole en public, tremble quand elle doit réciter une poésie et menace de faire tomber sa flûte quand elle doit jouer devant la classe. C’est une prof de français au Lycée qui lui donne confiance en elle et le courage qui lui manquait. C’est son premier déclic. Sérieuse, elle s’oriente après son bac vers des études de droit “pour se donner un cadre” dit-elle. Son entourage l’imagine volontiers devenir avocat, mais elle se se sait trop sensible pour avoir l’impartialité que requiert la profession. Elle préfère tenter sa chance comme journaliste. Elle commence comme chroniqueuse juridique pour le journal de France 3 Normandie, sa région natale. Le présentateur, nouveau sur la chaîne, a besoin de se constituer une nouvelle équipe et la venue de Charlotte tombe à pic. Très vite les choses s’enchaînent. Entre son arrivée en 2003 et 2005 l’année où elle quitte la chaîne, elle présente en parallèle de ses chroniques, “l’été de tous les records” et joue les madame Normandie dans “Douce France” de Christine Bravo. En 2005, la TNT rebat les cartes de la télévision gratuite, et l’appel de la nouveauté embarque avec lui Charlotte vers une nouvelle aventure. Elle rejoint la jeune Direct 8 de Vincent Bolloré, pas encore D8, pas encore C8, pour y animer une émission quotidienne “Bien-être” qui comme son nom l’indique parle de.. Bien-être. Elle adore, mais le direct et de surcroît tous les jours de la semaine ça use vite. Faute de nouveau projet sur la chaîne, elle retourne sur France Télé, sur France 3 Paris Ile-de-France Centre où elle participe à l’émission de l’indéfectible Paul Wermus. Puis vient le tour de France 5, la chaîne d’intérêt public, qui lui propose de présenter deux documentaires ambitieux autour de l’immersion. Elle en parle avec émotion et intensité. Pendant 10 jours consécutifs elle s’immerge dans le quotidien d’un couvent de bonnes-soeurs, une expérience forte mais éprouvante.

 Charlotte Savreux et le Couvent

Par la suite elle réitère l’exercice dans un sous-marin, où l’ambiance est beaucoup moins austère, voire carrément festive. A sa sortie, le commandant, un vieux loup de mer, presque excentrique pour le milieu, la salue chaleureusement tellement le courant est bien passé entre eux. Elle continue sur la chaîne comme chroniqueuse pour la quotidienne où elle intervient deux fois par semaine.

 Charlotte Savreux, animatrice

Mais le rythme lui pèse, elle voudrait se libérer de cette pression pour réaliser les projets qui lui tiennent à coeur. L’idée du livre grandit sans sa tête. C’est à ce moment que surgit son deuxième et décisif déclic. Alors qu’elle doit répondre au producteur de l’émission quant à sa participation à la prochaine saison, elle sent qu’elle a très envie de lui dire “and I say No No No”. Sur la plage à Ramatuelle avec une amie, cachée par ses lunettes de soleil, elle lui confie, les larmes coulant “j’aimerais pouvoir leur dire non”. Comme si la raison la pousserait à accepter, alors que son coeur lui dirait de faire l’inverse. Le coeur a ses raisons… et elle les écoute ! Libérée, sans être pour autant sans activité (elle intervient dans une école de journalisme et anime des conventions d’entreprise), elle sait qu’elle a désormais le temps de faire ce qu’elle a toujours rêvé : écrire son livre. Son objectif est simple et ambitieux à la fois: fascinée par les trajectoires incroyables des gens qui se réalisent, elle veut comprendre l’envers du décor, le versant “nord” comme elle dit. Cette longue pente à l’ombre dont on parle peu, celle par laquelle, les grands destins arrivent à destination. Cette face cachée à qui l’on préfère toujours son versant sud, plus joyeux, moins laborieux et plus facile à raconter. A travers 50 destins allant de Stéphane Hessel à Philippe Bouvard en passant par Clara Gaymard ou Roselyne Bachelot, Charlotte dresse le portrait de ces histoires incroyables, pourtant jalonnées d’obstacles, de coups durs, et de triste réalité. Elle résume son livre en quelques points :

  • Rien n’est figé dans la vie
  • Les seules limites que l’on a sont celles que l’on se fixe
  • Tout le monde a un potentiel
  • La vie a (souvent) plus d’imagination que nous
  • Il n’y a pas de grande réalisation dans prise de risque
  • Il faut oser, la vie est une aventure

Terriblement soucieuse de l’épanouissement personnel, Charlotte croit dur comme fer que chacun peut prendre sa vie en main, et lui donner le sens qu’elle mérite. Alors que le livre est sorti depuis à peine 15 jours, elle pense déjà à la suite : elle aimerait pouvoir en parler auprès des lycées, surtout dans les ZEP pour donner envie à ces jeunes d’aller de l’avant et de dépasser leurs barrières. De là à y voir une forme de discours et d’engagement politique, il n’y aurait qu’un pas… Elle dément. Du moins pour l’instant.

Alors Charlotte, qu’est ce que tu nous racontes ?

Ta personnalité en 3 mots ? Enthousiaste, généreuse, créative

Tes sources d’inspiration en ce moment ?

L’Horizon ! l’immensité de l’horizon. Je viens de Normandie, je suis née avec la mer à perte de vue. Et sinon bien sûr les gens : je crois beaucoup dans le potentiel de la vie !

 Le mouvement que tu aurais aimé lancer ? Le style Art Déco des années 30 ! J’adore ces lignes droites, pures. J’aime beaucoup Le Corbusier

Le mouvement que tu aurais aimé empêcher ? Les pesticides et les voitures au diesel !!

Ton objet fétiche ? Je ne suis pas très matérialiste. Je pense que plus que tout, je n’aimerais pas perdre… ma mémoire ! Ou celle de mon ordinateur !

Les personnages qui te fascinent ? Simone Veil. Pour tout. Par rapport à la vie qu’elle a eue, l’horreur qu’elle a connue. Et bien sûr pour son action politique, son combat pour les femmes à une époque tout ça n’était pas gagné.

Tes bonnes adresses  ? En général j’aime les cafés parisiens le matin. Le Hibou par exemple (où nous sommes) carrefour de l’Odéon (Paris 6ème ndlr)

Ton havre de paix ? Ramatuelle pour le soleil, les figuiers, la mer.. Et le coin de paradis de mes parents en Normandie à Tourgeville.

Ton truc en plus ? Mon appétit pour la vie

En enfin, ton conseil pour la suite ? La vie est une aventure et… l’aventure c’est l’aventure !

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Merci Charlotte

 Charlotte Savreux et François Pignol