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Interview 10 minutes AVEC… Vanessa Seward

 Interview 10 minutes AVEC… Vanessa Seward

Découvrez le parcours de la créatrice de mode Vanessa Seward, de ses débuts chez Chanel jusqu’au lancement de sa propre marque éponyme. Portrait 

Comme on dit, la vie se construit par étape. Elles sont toutes jalonnées par des rencontres, des expériences, des apprentissages. Elles se suivent, s’enchaînent, parfois ne se ressemblent pas. Mais la vie faisant son chemin, elles savent parfois se compléter avec justesse, pour donner lieu à ce qu’on appelle alors, un destin. C’est sûrement l’histoire de Vanessa. Née en Argentine, à Buenos-Aires, Vanessa arrive à Paris à l’âge de 12 ans. Par sa mère, et sa grand-mère, très coquettes toutes les deux, elle apprend le sens du style, du goût, de l’élégance. Elle se nourrit de l’imaginaire glamour des grandes actrices du cinéma Hollywoodien des années 30’ et 40’. Après son Lycée – où elle y fait ces fameuses rencontres qui durent “pour la vie” – elle intègre l’école de mode “Studio Berçot” (Paris), tenue d’une main de maître par sa directrice Marie Rucki (celle qui avait poussé la créatrice de bijoux Shourouk à monter sa marque – retrouvez l’interview ici). C’est elle qui aide Vanessa à trouver son style et à oublier peu à peu ses faiblesses. Jeune fille timide, Vanessa trouve dans la mode un moyen d’expression, un moyen de se faire remarquer…. Et c’est dire que le temps lui donnera raison.

Après ses études, elle rejoint le studio de Chanel –  où le Kaiser Karl Lagerfeld officie depuis quelques années – pour travailler principalement sur les accessoires. Elle y restera 9 ans. En plein boom des années 1990, elle vit les années folles de la mode (à l’instar de Camille Miceli, ou Mathilde Favier, ses amies). C’est l’époque des défilés où les Top Models sortent par groupe de 5 en arborant le catwalk avec le légendaire déhanché qui marque le style de cette période. Chez Chanel Vanessa est un peu comme à la maison…

En l’an 2000, elle quitte la maison pour une autre “maison” emblématique ..Yves Saint-Laurent, dont le pétillant et ambitieux Tom Ford vient de reprendre la direction artistique. C’est l’occasion pour Vanessa d’étoffer son champs d’action au-delà des accessoires. Elle vit l’intense période de renaissance version Tom Ford (qui ne se termina pas aussi bien qu’elle avait commencé pour le designer Texan…). 2002, nouvelle histoire.Vanessa rejoint un autre grand nom de la mode, Loris Azzaro, dont la notoriété, bien que réelle, est un peu vieillissante. Elle la chance de participer au dernier souffle créatif de Monsieur Azzaro himself en l’aidant à monter une collection hommage à ses grands succès et composée de robes vintage et de nouvelles créations. A la mort du couturier, les propriétaires de la marque décident de confier les rênes à Vanessa, qui accède ainsi à son premier poste de premier plan. Elle n’est plus l’assistante ou la collaboratrice de.. C’est à elle que revient la lourde tâche de donner un souffle nouveau à cette maison connue surtout pour ses robes du soir. La mayonnaise prend, et la sphère “cool” de Paris soutient la créatrice : de Valérie Lemercier à Eugénie Niarchos, le spectre des femmes qui adhèrent à Azzaro version Seward est aussi large que glamour.

L’aventure dure 9 ans et se termine en 2011. Comme toujours, une page se ferme, une autre s’ouvre. Et celle qui s’ouvre là est déterminante pour Vanessa. Le fondateur de la marque A.P.C, Jean Touitou, lui propose de faire une collection capsule pour APC. C’est un tel succès que 5 autres suivront….L’engouement et l’entente réciproque sont tels entre eux deux, que Jean Touitou propose à Vanessa de monter une marque à son propre nom. Et c’est comme ça que s’emboîtent les briques qu’elle s’était fabriquées dans sa carrière : chez Chanel, elle avait appris le monde des accessoires, dans une maison à l’exigence rare. Chez YSL version Tom Ford, elle avait apprivoisé le monde fou du marketing luxe dont le texan s’est fait un maître en la matière. Chez Azzaro, elle peaufine sa maîtrise du style “grand soir” version robe de soirée, qu’elle complète chez A.P.C en se confrontant à la réalité du style “jour” plus casual. La boucle est bouclée.

Le jour du 1er défilé Vanessa Seward, Vanessa était émue comme jamais. Elle prépare bientôt son 5ème défilé, avec toujours autant d’entrain, mais beaucoup moins de trac. La marque compte aujourd’hui 3 boutiques à Paris et une Los Angeles et ouvrira en Janvier une boutique à Londres, avant d’aller conquérir le monde.. On lui souhaite !

Alors Vanessa  qu’est-ce que tu nous racontes ? 

Ton style en 3 mots ?  Féminin, intemporel, et un peu glamour

Tes sources d’inspiration en ce moment ? Les films érotiques des années 1970 !

La tendance que tu aurais aimée lancer ? La taille haute.

La tendance que tu aurais aimée empêcher ? Je n’ai jamais beaucoup aimé les chaussettes pour femmes

Tes objets fétiches ? Ma montre. C’est un cadeau de mon mari, qui la tient de sa mère.

Tes créateurs de mode préférés ? Tous ceux avec qui j’ai travaillé. Karl Lagerfeld, au côté de qui j’ai commencé. Jean Touitou, grâce à qui la marque “Vanessa Seward” a pu voir le jour. J’aime beaucoup Christophe Lemaire, et Alber Elbaz.

Ton adresse mode préférée ? J’adore la boutique suédoise Kerstin Adolphson Boulevard Saint-Germain.

Ton havre de paix ? Ma maison dans les Pyrénées. J’y vais surtout en été.

Ton truc en plus ?  Je suis très sensible et empathique. A la fois une qualité… et parfois un défaut.

En enfin, ton conseil pour la suite ? Ne jamais trop se prendre au sérieux…

A bon entendeur.

Merci Vanessa ! 

 Vanessa Seward & François Pignol