Lifestyle

Je vous laisse le choix dans la « date »

 Je vous laisse le choix dans la

Étrange moment qu’une “date” (prononcer à l’américaine) : rendez-vous programmé entre 2 personnes qui ne se connaissent pas. Alors qu’une rencontre à une soirée, dans un bar ou dans la rue laissera les protagonistes libres du cheminement qu’ils veulent lui donner, une “date” suit un protocole bien huilé et parfois fastidieux.

Déjà, la “date” est souvent la suite logique d’une longue et laborieuse conversation par texto, watsapp, messenger ou autre application de rencontre géolocalisée. Par écrit, sont abordées les essentielles questions sur l’état civil, les passions, voire les aspirations (du type “et toi t’attends quoi de la vie?”) et bien entendu sur les “attentes” : la fameuse question “qu’attends-tu d’une relation ? dangereuse s’il en est, car il ne faut pas se tromper entre « une union harmonieuse” et  « le plein de sexe ».

Puis vient l’organisation de la “date”. D’abord il faut choisir le lieu et l’heure. Très important. “Après le bureau” pour donner une image dynamique et moderne, mais qui limite les débordements potentiels (“bah ouais je sors en semaine quoi, mais on ira pas plus loin ce soir parce que c’est mardi tu vois”); ou le week-end pour faire comprendre que les champs sont ouverts (“on se retrouve vers samedi 18h?” sous entendu, si on se plait la soirée est libre). Autre détail à régler : le plan de sortie. Prévoir un plan back-up avec la bonne copine qui appellera quoi qu’il arrive 1H après le début pour tâter l’ambiance, ou prétexter le passage à Paris d’un pote qui vit à Singapour ?

Une fois ces formalités entendues, arrive le sacro-saint moment tant attendu. Et là, pour une raison qui m’échappe, alors que ces sujets ont été déjà abordés en profondeur, c’est la redite des questions : re-état civil, re-passions, re-aspirations, re-attentes….Au moins ça meuble. Et après tout, deux personnes qui se découvrent finalement. Mais la “date” impose un rythme différent, maintient une pression forte : attention à ne pas trop en dire (non tu ne raconteras pas la fois ou tu es rentré bourré(e) chez toi, et où seul le concours de ta choppe de fin de soirée t’a permis de rentrer : NON tu ne racontes pas ça). Attention non plus à ne pas en dire trop peu : la précieuse minauderie n’est pas non plus une bonne stratégie,  car elle risquerait de vite lasser ton/ta partenaire. Mais le plus difficile dans le monde de la “date” c’est la compétition dans laquelle elle s’inscrit : l’autre en est réduit à son matricule de “date” du jour. Tiens j’ai vu mon “date” hier? mais lequel, celui de mardi ou celui de jeudi ? Ah non celui de mardi je le vois plus. Triste monde d’en être réduit à cela….

Dans un monde normal, la “date” réunit deux personnes célibataires et consentantes dont le destin peut, ou non, basculer. Au moins, une issue positive est envisageable. Et toutes les histoires ont bien commencé un jour, même après une date. Donc pire que la “date”’ en tant que tel, il y a la fausse “date” que je baptiserai la “date canada dry” : ça ressemble à une “date” par le long processus itératif qui a conduit deux inconnus à se rencontrer, mais en fait c’en est pas une. Et pourquoi ? parce que l’une des deux personnes a mystérieusement oublié de mentionner qu’il ou elle était déjà maqué, et de manière heureuse. Petit oubli ou détail pour certains, grosse déception pour d’autres…. Fichtre.

Conclusion : arrêter les “dates” et voir ce qui se passe. Même s’il ne se passe rien.

A suivre