Lifestyle

Hotspot food à New-York : Le Coucou

 Gorry Arnold

Dénicheuse de bon plan, notre correspondante Sarah Mark à New-York a testé pour vous « Le Coucou », un resto dont vous allez raffoler.

Toutes les semaines, un nouveau restaurant s’ouvre. La dynamique est souvent la même. Les articles qui s’extasient devant ce qu’on essaie de faire passer pour un concept révolutionnaire sortent les uns après les autres, les « review » plus ou moins dithyrambiques se suivent et se ressemblent, les « post » de célébrités sur les réseaux sociaux se multiplient, et si vous souhaitez réserver une table au plus vite, vous vous entendrez répondre : « Oh vous voulez une table pour deux ? Bien sûr j’ai une disponibilité à 17h30 lundi dans un mois, ça vous va ? », avec en prime un petit rictus quasiment audible qui semble dire plutôt « Ma pauvre fille ne perds pas ton temps tu n’auras pas de table ». Du coup j’ai appris à laisser faire le cruel darwinisme de Manhattan, et je laisse opérer cyniquement la sélection naturelle des premiers mois qui aboutira nécessairement à un désintérêt total, ou pire, à la fermeture.

Et puis de temps en temps il y a un endroit qui sort du lot. C’est en pratique très rare. Pour que ma curiosité soit piquée il faut que les conditions suivantes soient réunies : pas trop bruyant, service impeccable, décor agréable, des tables espacées sans toutefois donner l’impression « pince-fesse » de certains étoilés hors de prix, une jolie clientèle, dans un quartier sympa et facile d’accès, des bons plats dont on ne cherche pas à noyer la saveur sous des kilo de sauce, et il faudra en prime que me soient proposées plusieurs options satisfaisantes pour mes restrictions culinaires farfelues. Le mouton à cinq pattes en somme, mais je refuse de compromettre sur tous ces critères. Et bien pour y avoir diné plusieurs fois, je pense pouvoir vous dire cette semaine que je tiens une pépite, un restaurant qui a passé avec succès tous mes filtres : Le Coucou.

La cuisine est aux mains du chef Daniel Rose. Les « foodies » que vous êtes le connaissent peut être déjà puisqu’il a fit ses classes chez Paul Bocuse à Lyon et a ouvert le restaurant Spring à quelques encablures du Louvre à Paris il y a 10 ans. Pour son retour à Manhattan, il s’associe à Stephen Starr, une star de la restauration aux Etats-Unis qui ne compte plus les ouvertures de restaurants à succès et les récompenses. Avec une paire comme celle-ci aux manettes, c’était déjà pas mal parti. Je vous le confirme, c’est un sans-faute. Nappe blanche élégante, une bougie sur la table, la bonne lumière, la jolie clientèle, le service compètent sans le côté mielleux irritant habituel des restaurants de Manhattan, le bar à l’entrée ou c’est la première fois qu’il ne m’est pas pénible de patienter quelques minutes avant d’être assise – le barman sert un cocktail « un matin sur la Seine » à base de Vermouth blanc, liqueur de poire, citron et tonic, parfait pour lancer la soirée… tout y est !

Les plats arrivent dans des cassolettes en cuivres, fancy mais sans prétention et en plus c’est excellent : le poireaux vinaigrette croquant qui fond dans la bouche, les asperges blanches à la perfection, le canard cuit juste comme il faut avec un side de foie gras poêlé, le lapin cuisiné « 3 way » car c’est le lapin entier qui est servi, la lobster salad, la sole, vous aurez le choix, la carte est riche sans être oppressante. Gardez de la place car les desserts sont à tomber : mousse au chocolat, crêpe soufflée au citron, omelette norvégienne, vous aurez envie de tout gouter. Restriction alimentaire oblige, j’ai eu le droit à des fraises et un carpaccio d’ananas rôti au miel : un délice.

Si vous cherchez un endroit festif ou vous pourrez bien manger sans être assommées par le bruit des voix nasillardes de circonstance, marquez-le dans vos adresses à essayer lors de votre prochain séjour à New York. En plus c’est juste à côté du « trendy » 11 Howard Hotel, pour ceux qui voudront prolonger la soirée dans le club select « The Blond ».

See you next week !