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Les RDV d’ALIX #2 : Mauvais timing

 Les RDV d'ALIX #2 : Mauvais timing

Cette semaine, Alix a mal géré son agenda. Entre l’angoisse de l’ex qui rapplique, un déplacement improvisé, et sa valise à faire… Elle vous raconte son périple.

 

-« Joanna, je crois que c’est pour un entretien. J’ai postulé à une offre il y a trois jours. 

– «Mais réponds au lieu de tergiverser ! » M’assène Joanna.

Je prends une profonde inspiration, et décroche.

-« Allô ? » J’ai essayé de prendre une voix sérieuse mais j’ai eu une rechute de mon accent du sud. Trop d’émotions.

-« Alix ? Ca va ? » Et merde. Au bout du fil, c’est hélas la dernière personne que j’avais envie d’entendre.

-« Thomas ? Pourquoi tu m’appelles en privé ? 

Ah je t’ai appelé en privé ? Je n’ai pas fait exprès. »

Il ment en plus. Je n’ai pas répondu à ses messages et ses appels depuis une bonne quinzaine de jours, c’est sûrement la raison pour laquelle il a souhaité masquer son numéro.

-« Tu sais Thomas j’attends des coups de fils importants. A l’avenir évite de faire ça s’il te plait, c’est pas cool. » Joanna est hilare, je lui jette un regard noir.

-« Désolé Alix. J’ai pas fait exprès. Mais ça fait plaisir de t’avoir en ligne. Je t’appelle parce que j’ai un service à te demander. J’ai un déplacement professionnel la semaine prochaine, il faudrait que tu récupères Jean-Marc. » Je soupire.

« Ok. Envoie-moi un sms avec l’heure et le lieu de rdv.

– Oui, je me disais qu’on pourrait en profiter pour… » Je raccroche.

Joanna me touche le bras dans un semblant de compassion. Elle est toujours pliée en deux et je ne le prends pas très bien.

T’as l’air de trouver ça vachement drôle… J’aimerais bien que ça me fasse rire aussi, sauf que, tu vois, c’est pas le cas. »

Je soupire. C’est bien pour l’intérêt de Jean-Marc que je suis toujours en contact avec lui. Il n’est pas comme les autres, Jean-Marc. Il est extrêmement sensible et il est très attaché à nous. Il mérite que je fasse ce sacrifice. On ne peut pas le priver de ses deux parents, au risque qu’il se laisse dépérir dans sa gamelle de croquettes pour chat stérilisé.

Joanna s’excuse. Elle a toujours bien aimé Thomas.

-« Tu sais, je pense qu’il t’aime vraiment. Il y croit toujours. Je ne sais pas si c’est donné à tout le monde, dans une vie, de côtoyer une personne qui peut nous donner autant d’amour. »

Je me retiens de l’insulter. Thomas et moi avons eu une belle histoire, j’en suis consciente, mais nous nous sommes rencontrés beaucoup trop tôt, et à la fin, ça n’allait plus du tout. Joanna le sait très bien. Elle a vécu mes angoisses en direct. Je me suis même installée chez elle pendant presque un mois. Je profite de son monologue inintéressant pour consulter mes sms. Wow, j’en ai 14.

-« Désolée Joanna je t’écoute hein, mais j’ai 14 sms, je vérifie juste qu’il n’y a rien d’important et je suis à toi. »

La plupart viennent de ma mère. Je n’ai jamais compris pourquoi mais ma mère n’a pas assimilé la fonction « appel » du téléphone. Elle communique avec moi exclusivement par sms, y compris quand il y a des urgences.

 Les RDV d'Alix #2 : Mauvais Timing

Le reste, ce sont des messages de poche du type « sacwsgd bonnet thudo –sklrtn paris ? , ile », parce qu’elle a certainement oublié de verrouiller son téléphone. J’ai aussi un sms de Thomas que je lirai plus tard. Je lève les yeux au ciel et je respire un grand coup.

-« Ca va meuf ? Il y a un problème ? » m’interroge Joanna.

Je lui explique, le plus calmement possible, que j’ai complètement oublié l’anniversaire de ma grand-mère et que j’ai approximativement 1h45 pour trouver un train Paris-Montauban, sous peine d’être déshéritée. Elle s’empresse de payer son smoothie au kale et, dans un élan de générosité, me commande un Uber pour que je rentre chez moi.

Arrivée à la maison, mon ordinateur refuse de s’allumer. Génial. Je le branche et je m’assois sur mon lit. J’en profite pour brancher aussi mon téléphone qui n’a plus que 2% de batterie. Il va falloir que je trouve un cadeau pour ma grand-mère. L’angoisse. Je me sens extrêmement stressée, et quand je suis dans cet état, j’ai du mal à être efficace. J’ouvre mon armoire et sélectionne une pile de vêtements. Mais où est ma valise ? Après réflexion, je réalise que c’est Thomas qui est en possession du précieux sésame. Je lui ai rapporté des affaires la dernière fois qu’on s’est vus, et comme je ne l’ai pas recroisé depuis et que j’évite ses appels, je n’ai pas eu l’occasion de la récupérer. Donc, si je veux ma valise, cela implique que nous nous voyons pour qu’il me la rende… Ca n’arrivera pas. Un plan B, vite. Je fouille chaque recoin de mes 15 mètres carrés. Je ne trouve rien d’autre qu’un vieux sac à dos rose plein de poussière, avec des écussons ridicules. Tant pis, ça fera l’affaire. Je prends en complément mes deux plus grands sacs à mains. Je ne partirai que trois ou quatre jours, mais bon, on ne sait jamais, étant donné que chez ma mère je n’ai que des vêtements taille 14 ans, il vaut mieux viser large.

15 minutes plus tard, mes trois sacs sont prêts et je consulte les tarifs des billets de train. 1ère mauvaise nouvelle : je ne vais pas pouvoir partir avant demain matin. 2ème mauvaise nouvelle : les billets sont à 100 euros, c’est à dire plus de la moitié de ce qu’il me reste sur mon compte. Tant pis, c’est pour la bonne cause. J’envoie un sms à ma mère pour la prévenir. Elle me répond « Ok ma chérie. » (émoji chat, émoji sac à main). Elle n’a pas l’air fâchée, tant mieux.

Le lendemain, c’est la panique à bord. J’ai oublié d’augmenter le volume de la sonnerie et je n’ai pas entendu mon réveil. Du coup, là, je dispose d’approximativement 25 minutes pour me rendre à la gare, ce qui signifie que je n’ai le temps ni de me laver, ni de me maquiller. Tant pis. Je saute dans mes vêtements, les premiers que je trouve, attrape mes trois sacs et me voilà en train de dévaler quatre à quatre les marches de l’escalier de mon immeuble, en me concentrant pour ne pas tomber. Par chance, le bus arrive pile poil au moment où j’atteins, essoufflée, l’arrêt du coin de la rue. Je monte à l’intérieur et me laisse tomber sur un siège libre. C’est bon, je serai à l’heure.

Au bout de quelques secondes, je sens un regard sur moi. Je lève les yeux et manque de faire une syncope. Mon fantasme masculin me fait face, tel une apparition divine. Je cligne des yeux. Il a l’air bien réel. Il est brun, grand, musclé, légèrement barbu, le regard doux. Evidemment, ça tombe le jour où je suis habillée n’importe comment, pas maquillée, et où j’ai couru, donc transpiré, donc 1) je suppose que je ne sens pas très bon 2) mon front brille de mille feux. J’attrape discrètement mon miroir de poche et arrange mes cheveux. Il me sourit. Je baisse les yeux vers le sol en maudissant intérieurement mon karma. Il faut que je fasse quelque chose. Je prends un livre qui traine depuis plusieurs mois dans mon sac à main. Etant donné que le physique n’est pas au niveau, autant miser sur le reste.

Et merde, on vient de dépasser mon arrêt. Je me précipite à l’avant du bus pour supplier le conducteur de me laisser descendre au feu rouge. Il accepte. Quelques minutes plus tard, je réalise qu’il me manque un sac. J’ai envie de pleurer.

-« Mademoiselle, c’est à vous ? » Je me retourne. Le beau jeune homme du bus me fait face, haletant. Il me tend mon magnifique sac à dos rose.

-« Il était sympa ce chauffeur. Il s’est arrêté au feu rouge suivant pour que je puisse descendre et vous rattraper. Mais vous courrez vite, vous devez être sportive ! »

Je sens mes joues chauffer comme une tomate au four. En mobilisant le peu de dignité qu’il me reste, je bredouille des remerciements et lui souhaite une bonne journée. Je voudrais disparaître sous terre. Je marche vers la gare d’Austerlitz, sans me retourner.

Une fois assise dans le train, je respire enfin. Je vais pouvoir finir ma nuit tranquillement.

-« Alix ?? Ca alors ! Je n’aurais pas imaginé tomber sur toi ! »

Oh non. Tout, mais pas ça.

 

 

Retrouvez la suite des aventures d’Alix la semaine prochaine sur Vloggist.fr

En attendant, voici les articles qu’elle vous conseille pour remédier à ce genre de situation de crise :

Si vous avez loupé le 1er épisode, cliquez-ici, on vous pardonne 😉