Lifestyle

L’été indien

Les aventures de vacances ont-elles une date de péremption ?  

Comme autrefois colonie rimait avec amour de vacances, aujourd’hui été rime avec voyages et aventures exotiques. Qu’il s’agisse du barman du coin, du plagiste, d’un des membres de l’hôtel ou d’un étranger lui-même en vacances, on s’autorise, l’été, ce qu’on évite l’hiver ; les histoires d’un soir. Mais après ? Y a-t-il des prolongations à cette partie là ?

La règle logique voudrait qu’on se contente de vivre la nuit ou les quelques jours que les vacances nous offrent avec son summer crush sans plus se poser de questions. Et donc qu’on ne cherche pas à le/la revoir hors du décor idyllique dans lequel on l’a rencontré(e). Premièrement parce que c’est un peu le but de ce genre d’histoires : vivre une courte escapade en terre inconnue et loin des sentiers battus des dates habituelles. Deuxièmement parce qu’on est toujours différents en vacances, bronzés, beaux, libres, on peut aussi s’inventer un personnage, ou s’autoriser à être celui ou celle qu’on n’ose pas être dans notre quotidien citadin. Et non seulement le retour à la réalité peut être dur, mais il peut aussi être décevant. Aucune raison, de fait, de se gâcher de tels souvenirs.

Pour autant, il y a aussi une certaine magie dans les amours estivaux, et un goût de paradis que, loin du sable et du soleil, on peut chercher à retrouver auprès de celui/celle avec qui on l’a goûté. Sans oublier que rien n’interdit au hasard d’avoir placé notre grand amour sur une plage abandonnée plutôt que sur l’asphalte des cités. Dans ce cas, non seulement poursuivre l’aventure est un plaisir à s’offrir, mais surtout un devoir.

Alors on fonce quand exactement ? Quand on sait faire la part des choses. Voir si sa volonté de poursuivre l’aventure hors des hamacs vient de notre volonté de continuer les vacances (dans quel cas on s’abstient, parole de scout ça tourne souvent à la catastrophe). Ou si c’est parce qu’on a vraiment trouvé quelqu’un avec qui on pense pouvoir essayer de continuer une relation, pas les vacances. Se fier à soi, à ses intuitions, et savoir se connaître, est, comme le disait Platon, et plus tard Socrate, le premier des principes à respecter.