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Les personnages de l’été #4 L’Aristo délabré et le Bourgeois entrée de gamme

 Les personnages de l’été #4 L’Aristo délabré et le Bourgeois entrée de gamme

Pour finir l’été des personnages, un couple détonnant : d’un côté le châtelain sans le sous, à l’allure fière mais délabrée et de l’autre le bourgeois entrée de gamme, mais somme toute rassurant.

L’Aristo délabré :  Dans son village de famille, on les appelle les “châtelains”. C’est dire, leur bicoque de 35 pièces trouve ses fondations au XVème siècle, peu après les premières traces de sa lignée. De la noblesse de sang et pas qu’un peu. Certains membres de sa famille vont même jusqu’à prétendre qu’un ancêtre plus lointain aurait servi comme chevalier pendant les croisades. Comme son château de famille, notre aristo est aussi délabré qu’il est élégant. De loin, il en impose avec son allure longiligne, ses cheveux mi-long aux épaules et ses blazers cintrés. De plus près, la toiture fuit et par manque d’argent on a repoussé les travaux nécessaires à une vie normale.

En hiver la famille s’entasse dans les quelques pièces chauffées, et ça n’est qu’au printemps que le château joue pleinement son rôle de maison familiale. Lui, il détonne avec ses chemises élimées, ses boutons de manchette dépareillés, ses cheveux mal lavés. Depuis qu’il a eu son permis, il conduit la voiture de collection de son grand père – une jaguar Type E que “Bon Papa” avait eu a bon prix du temps de sa gloire. Le piège à filles est bien rôdé. Elles sont légions à être tombées dans le panneau. Mais au moment de payer l’addition, c’est toujours la même histoire : la carte bleue déconne ou alors c’est la machine à carte qui ne doit pas fonctionner. C’est sans doute parce qu’il a cette tête d’ange un peu souillon qu’elles lui pardonnent toutes et paient l’addition sans broncher. Elles raffolent de ses histoires en tout genre, de l’oncle diplomate qui a servi sous de Gaulle jusqu’au cousin trop coincé qu’il soupçonne d’être dans le placard. C’est au moment de s’engager que les choses se compliquent.

Mi-vagabond mi-bohème, il enchaîne les projets comme il change d’appartement. Parfois sans logis, il trouve toujours une tante qui l’adore prête à l’accueillir quelques mois dans son sublime appartement du 7ème arrondissement et saura sans problème rebondir dans un CDD “bien payé” que son parrain lui aura trouvé. Sympa comme ami, adorable comme camarade… on ne le recommande pas forcément comme mari.

Le Bourgeois entrée de gamme : Si son banquier pouvait lui décerner la palme du meilleur client, il le ferait illico. Depuis qu’il a commencé à travailler, il a ouvert tous les plans épargnes possibles – PEL, PEA, et tout autre acronyme commençant par PE. C’est son côté prévoyant. Plus que tout il aspire à une vie bourgeoise bien ordonnée : belle maison en meulière dans une banlieue cossue de l’ouest parisien, 3 ou 4 enfants et bien sûr une grosse berline break de marque allemande (pour transporter le chien les week-ends à la campagne.

Par manque de chance – ou de panache – il n’en est encore qu’aux balbutiements. Il conduit son scooter 3 roues, moins cher et plus pratique qu’une voiture, mais vraiment très moche. S’il relève le col de ses polos Vicomte Arthur c’est pour se donner un petit côté grand genre. Il aime les grosses montres, mais par manque de moyen, il a dû se rabattre sur une Tissot, beaucoup moins standing que la montre de ses rêves, la Rolex Air King, l’entrée de gamme de la marque suisse. Moins à l’aise en société qu’il voudrait le laisser croire, il compense par un sérieux sens de la prise en charge : les vacances, les courses, les factures. Il assure. Au final….passé son côté besogneux, il ferait un très bon mari. A bon entendeuse…

A suivre
#chroniquesdefrançois