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Point Q : Pokémon GO

 Point Q : Pokémon GO

Est-il encore permis de poker ? La drague sur les réseaux sociaux

La sortie (et la folie) au début de l’été de Pokémon Go nous a fait gravir une nouvelle marche dans le royaume de la réalité virtuelle. Mais dans ce monde fictif que la toile déroule, on ne fait pas que chasser des Pokémons. On y chasse aussi l’âme sœur. Ou du moins on essaye. Pas toujours avec succès.

Pokes, likes, comments, ne sont pas que des façons de manifester son amitié ou de s’exprimer sur internet. Ce sont aussi des armes de séduction, ou des façons de draguer 2.0. Rappelez-vous, quand Facebook a commencé, poker quelqu’un était moins une façon de saluer un ami qu’un moyen d’amorcer une conversation avec une potentielle target. Et si les Pokémons ont détrôné les pokes, le like est toujours un bon moyen de draguer et de se faire remarquer par la personne convoitée. Sur instagram ou sur Facebook, se réveiller un matin avec 21 likes de photos diverses et variées ou même un seul like d’une ancienne photo de soi dans une posture avantageuse (en maillot de bain, la plus explicite) signifie, soit que le likeur/la likeuse entend clairement afficher sa préférence, soit que son doigt a glissé. Dans tous les cas qu’il/elle était sur notre profil il y a peu, et semblait le retourner façon FBI en pleine enquête.

 Point Q : Pokémon GO

Plus direct, le poke invite immédiatement l’autre à réagir, et depuis qu’Instagram a créé les stories, ont peu enfin voir qui a regardé notre vidéo/photo précédemment. et qui nous stalke en permanence. Gare à ceux qui l’ignorent.

Oui mais est-ce bien réel tout ça ? De même que les Pokémons n’existent que dans la réalité augmentée par les savants ingénieurs de Nintendo, les crush internet n’existent souvent que sur la toile. Et les conversations Facebook ou les échanges de messages Instagram n’y changent rien. Il s’avère difficile de transformer l’essai et de passer du virtuel au réel. Comme si ce qui existait sur le net n’avait que peu de poids et n’engageait à rien. Nombreux sont ainsi ceux qui, célibataires ou même en couple (et ils/elles sont pléthore), passent des heures à se parler et se draguer par messageries interposées en sachant quelque part qu’ils ne se verront jamais et en supposant dès lors qu’il n’y a là ni tromperie ni séduction véritable. Et, à l’inverse, nombreux sont ceux qui se font duper et s’exaspèrent encore de ne pas réussir à déplacer la conversation dans un vrai café.

Rien de plus frustrant, mais rien de plus normal aussi quand on sait que la majorité des jeunes ont passé leur été à chasser des monstres imaginaires dans le monde, portables à la main, plutôt que d’y chercher des créatures de beauté en chair et en os.

Alors Pokez-moi, GO ? Pas vraiment. A moins de vouloir perdre son temps et s’embrouiller l’esprit inutilement, la drague à coup de likes et de pokes, c’est sympa pour l’égo mais peu utile dans la vraie vie. Et un peu ringard disons-le. Parce que la vraie tendance, c’est le réel.