Lifestyle

Le Raindrop Cake, le gâteau ovni made in USA

 Le Raindrop Cake, le gâteau ovni made in USA

Cette semaine notre correspondante New-Yorkaise Sarah Mark a testé pour vous une saveur culinaire originale dénichée au coeur de Brooklyn, le Raindrop Cake.

Depuis l’été dernier, on parle du raindrop cake comme du nouveau cronut. C’était la curiosité culinaire de l’été 2016 à ne pas manquer. Qu’est-ce donc que ce dessert gélatineux à l’aspect si pur qui a conquis les réseaux sociaux instantanément ? J’ai voulu en savoir plus. Et plutôt que de juste le goûter et commenter, j’ai poussé les recherches un peu plus loin. De fil en aiguille, après quelques emails, je réussis à rentrer en contact avec Darren Wong, l’homme à l’origine de la raindrop cake mania. Lorsque je lui ai expliqué que toute la gastronomie française était en émoi, et que j’étais spécialement mandatée par le pâtissier du Roi – oui il n’est pas rare de rencontrer des américains qui pensent que la France est encore une monarchie – il a accepté de me recevoir personnellement dans son laboratoire de Greenpoint, un quartier branche de Brooklyn, afin de partager ses secrets de fabrication avec l’aristocratie de Versailles.

The coolest cake for the Summer heat @smorgasburg LA & NY #raindropcake #smorgasburg #la #summer #desserts #cool

Une publication partagée par Darren Wong (@raindropcake) le

Darren Wong n’est à l’origine pas Chef pâtissier de formation, il est publicitaire. En revanche s’il y a une recette qu’il a parfaitement saisie, c’est celle du succès : il comprend immédiatement qu’un dessert « healthy », « vegan », non calorique, avec un nom « catchy », et merveilleusement esthétique et photogénique pour les réseaux sociaux, c’est le buzz assuré. Il se forme donc au métier, et le voilà pâtissier spécialisé dans le Mizu Shingen Mochi, le cousin japonais dont s’inspire sa création. Le raindrop cake est une substance gélatineuse composée d’eau minérale et d’agar-agar, une algue japonaise réduite en poudre qu’on intègre à une préparation pour la gélifier. De l’eau et une algue, c’est complètement dans l’air du temps ! Et c’est parfait pour toutes celles comme moi qui ne peuvent (veulent ?) rien manger.

Toute la difficulté est de réussir à obtenir cette forme ronde, très fragile, translucide, aux courbes parfaites, mais qui donne l’impression de croquer une goute d’eau. Une fois la texture parfaite obtenue, ce dessert, somme toute sans beaucoup de goût, est agrémenté de topping en tout genre. Sa caractéristique réside dans sa consistance : c’est comme mordre un nuage qui glisserait sur la langue, c’est « squishy » et « jiggly », mais à la seconde où la cuillère entre en bouche, il se liquéfie instantanément en eau, comme si cela se dissolvait au contact de la langue. Darren lui, en puriste, le sert accompagné d’un sirop de sucre de canne ainsi que d’une farine de germe de soja torréfié afin de donner une saveur de noisette légèrement sucrée.

Darren profite de l’hiver pour peaufiner les goûts mais surtout les couleurs car il faut bien l’admettre, ce gâteau à la forme d’implant mammaire est bien plus une expérience visuelle et sensorielle qu’une vraie découverte gustative. C’est rafraîchissant et ça permettra surtout cet été à toutes les « instababes » de faire de très beaux clichés en tenue de gym.

Darren lui même le résume très bien : c’est un dessert qui fait sourire quand on le mange, un snack venu de l’espace, une surprise délicate, comme une fourmi dégusterait une goute de rosée du matin. Je vais rentrer de ce pas rassurer la Cours : c’est divertissant, mais certainement pas de nature à menacer le patrimoine culturel français. Goutez-le si vous êtes de passage à New York, il ne se trouve pour l’instant qu’au Smorgasburg Food Market de Brooklyn les weekend d’avril à octobre !

See you next week !

Pour encore plus de saveurs dénichées outre-atlantique, voici l’article From Paris to NY #9 « Bien manger au pays de la malbouffe » et délectez-vous du charme américain du green matcha