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Really ? Harry Potter le retour

Harry Potter revient dans un huitième tome, pas vraiment sur Harry Potter, pas vraiment écrit par JK Rowling, pas vraiment romancée… Vraiment ? 

On croyait en avoir fini avec le sorcier à lunettes lorsque le 21 juillet 2007 sortait en Angleterre le dernier tome de la fantastique saga. Sa tendre mère, J.K. Rowling, avait alors annoncé qu’elle raccrochait son tablier et qu’il s’agissait bien là du dernier livre qu’elle écrirait sur le héro préféré de la génération Y. C’était sans compter sur les 8 films qui furent tirés des 7 tomes dont les épisodes quatre et cinq furent quand même réalisés par deux grands réalisateurs ; Mike Newell, à qui l’on doit notamment Quatre mariages et un enterrement et Donnie Brasco, pour Harry Potter et la Coupe de feu ; Alfonso Cuarón  pour Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban après lequel il signa deux chefs-d’œuvre, Les Fils de l’homme et Gravity. Excusez-moi du peu.

Ce serait mentir de dire que je n’ai pas suivi et aimé chacun des épisodes romancés ou filmés des aventures de ce cher Mister Potter. J’ai non seulement lu tous les tomes de la saga, de mes 11 ans à ma majorité, mais aussi vu tous les films sans bouder mon plaisir. Et j’ai souri en voyant de plus en plus d’enfants, et d’adultes, tomber dans la folie Potter sans jamais y lire autre chose qu’une belle aventure éditoriale et sociétale capable d’apporter de la joie à la planète. Namaste.

Malgré tout, lorsque fut annoncé l’été dernier la sortie d’un nouveau Harry Potter, je n’ai pas pu empêcher mon sourcil gauche de se lever, dessinant sur mon visage un air suspicieux. Car, nous disait l’éditeur, le livre ne serait pas un roman mais une pièce de théâtre, ne serait pas signé de la seule main de J.K. Rowling mais également de celles du dramaturge Jack Thorne et du metteur en scène John Tiffany, et ne suivraient plus le jeune Potter mais son fils, Harry étant devenu un père débordé et fonctionnaire foutraque visiblement moins intéressant. A bien y regarder donc, il ne s’agissait pas vraiment d’un huitième tome, mais bien plus d’une excroissance ou d’une digression risquant d’en décevoir plus d’un. Mais aussi d’enrichir un peu plus les auteurs et éditeurs du fructueux sorcier. Coup de pub, dispensable, arnaque, la presse ne s’est pas privée de souligner le fait et de douter, avec les fans, de la nécessité et de la sincérité d’un tel écrit. Mais outre l’interrogation éthique que peut soulever cette parution, c’est aussi l’incapacité qu’ont certains à savoir s’arrêter à temps qui choque. Tels des gamins gourmands s’enfilant la boite de chocolats jusqu’à l’indigestion au lieu de s’arrêter pour ne pas tomber dans l’excès, les membres importants des grandes industries, quand un succès paraît, nous en gavent souvent à outrance. On ne compte plus le nombre de resucées des films à grands succès ; Rambo 1 à 4 ; Alien 1 à 6 ; Spiderman 1,2,3 version I (avec Tobey Maguire) repris ensuite par le Studio Sony qui en a depuis ressorti 3 et dont on attend encore un épisode l’an prochain … vous connaissez l’histoire. Or, très souvent, le public se lasse rapidement et les derniers épisodes, loin d’enchanter, déçoivent et laissent en bouche un goût de déjà vu et de duperie semblable à la nausée chocolatée des crises de foi de fin d’année.

Pour Harry Potter hélas, il semblerait que la même règle s’applique et que l’on doive s’attendre à ce que la saga fantastique soit bientôt détrônée par la saga commerciale destinée à faire vendre plus qu’à faire rêver. En d’autres termes, à ce qu’on ne se suffise pas, une fois de plus, de ce que J.K. Rowling nous a donné, mais à ce qu’on presse le citron magique jusqu’au bout pour en tirer tout ce qu’on peut. A ce qu’on exploite ad nauseam cette si belle histoire. C’est triste, et la preuve que son auteur a peut-être oublié ce qu’elle faisait dire au sage professeur Dumbledore : « L’important ce n’est pas ce qu’on est à la naissance mais la façon dont on grandit par la suite ».

 Harry Potter