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Really ? Les fruitaristes

 Really ? Les fruitaristes

Les ayatollah du veganisme. 

Vous trouviez les vegans excessifs dans leur pratique alimentaire ou leur choix de vie ? Laissez-moi vous présenter les fruitaristes. Végétariens évidemment, les fruitaristes (qui, comme leur nom l’indiquent, ne mangent que des fruits) étendent la lutte pour la cause animale au règne végétal, entendez aux plantes. Refusant de faire « souffrir » ces dernières, ils ne s’alimentent que des fruits qu’ils peuvent récolter naturellement ou qu’ils ramassent (la cueillette s’apparentant ici à une torture infligée aux pauvres arbres fruitiers). Leur mot d’ordre : ne prenons que ce que la nature nous donne. Leur croyance : cueillir un fruit, arracher une pomme de terre ou même manger des graines (qui peuvent germer), c’est ôter la vie. Bon.

Que certains considèrent la consommation de produits animaliers ou d’origine animale comme une forme d’exploitation meurtrière et décident de lutter contre au nom du respect de la vie d’autrui (humain ou animal) ne peut être que louable. A condition, évidemment, que ces derniers acceptent que l’on puisse penser autrement et que, par faiblesse ou égoïsme, on puisse manger de la viande et porter du cuir sans risquer de mourir sous leurs coups. Mais qu’on en arrive à se demander si une plante peut souffrir si on ose lui arracher ses mets et à préconiser de ne plus se nourrir que de fruits naturellement tombés, c’est tout bonnement de la folie. Non seulement ça n’est pas très pratique (on imagine notre pauvre fruitarien posté devant un pommier et attendant patiemment que ses pommes veuillent bien tomber pour se nourrir – la queue du traiteur à midi, à côté, c’est un plaisir) mais c’est aussi très dangereux pour la santé. Inutile de lister les carences multiples qu’une alimentation uniquement fondée sur les fruits peut provoquer. La première semble être une carence de raison. Car invoquer la soi-disant souffrance végétale pour bannir 99% de ce que la terre nous offre (ok, pas toujours en pièces détachées) et s’interdire de jouir d’un des plus grands plaisirs de la vie, la nourriture, c’est passer à côté de la vie elle-même. En matière d’ode à l’existence, on a vu mieux.

Et puis, après tout, si on suit cette logique, alors ne faudrait-il pas aussi éviter de marcher sur une pelouse pour ne pas risquer de blesser l’herbe ? Et donc aussi interdire la construction de logements, d’immeubles et de villes ? Parce qu’on ne bétonne pas une surface lisse et plane mais souvent des terres autrefois recouvertes de plantes (un génocide somme toute). Et que dire du papier ? N’entendez-vous pas les hurlements des arbres coupés pour produire nos meurtriers cahiers d’écolier ? Et le coton ? On en parle ? Non parce que, les t-shirts American Apparel ne poussent pas naturellement dans de grands champs américains hein. Non, non, pour vous permettre de vous la jouer Birkin, ce sont des milliers de Gossypium qu’on ampute. A continuer comme ça, on a vite fait de finir nu, vivant dans une caverne, rachitique et carencé, et probablement pas très heureux.

Alors évidemment, on rie, mais derrière cette pratique heureusement peu commune, c’est aussi l’illustration des travers du radicalisme qu’on peut lire, ou comment l’application idiote et excessive d’un principe louable nous rend fou et crétin. Et on sait ce que ça donne en matière de religion… Quand le soit-disant respect du sacré fait de l’homme un meurtrier. Et pas seulement de fruits. Alors vegan, ok, mais fruitariste, vraiment pas.

 Really ? Les fruitaristes