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Really ? Trump en politique

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De la démocratie en Amérique.

Les scandales se succèdent et les bourdes s’accumulent dans le camp Trump sans qu’on réussisse à y croire. Après le discours prononcé par Melania Trump et largement inspiré de celui de Michelle Obama, le quasi appel au meurtre d’Hillary Clinton par Donald Trump lui-même et les flots d’insultes déversés par le candidat républicain à l’encontre de sa rivale, des femmes, des immigrants, des Mexicains, des Chinois…bref, de tout le monde, les Européens, et les Français en particulier, se demandent encore comment on en est arrivé là.

Vulgaire, idiot, agressif, symbole de l’argent et du business, Trump représente tout ce qu’une large partie de la France conspue, et tout ce que l’Amérique actuelle semblait pourtant avoir rejeté. En effet, comment expliquer que le pays qui a élu il y a 8 ans le premier président noir des Etats-Unis puisse depuis des mois, ne serait-ce que prêter attention aux discours d’un candidat qu’on dirait tout droit sorti d’un mauvais sitcom ?

Sans rentrer dans des explications politiques et économiques que d’autres exposent clairement, on rappellera quand même que les Etats-Unis ce n’est pas New-York ou Los Angeles.  Et que les votants américains ne sont pas une bande de joyeux Woody Allen, Samuel L. Jackson, Lena Dunham et consorts, mais majoritairement des hommes blancs (44% en 2012) qui ressemblent moins à des intellectuels New-Yorkais qu’à des redneck en salopettes et chapeaux de cowboy prêts à dégainés leurs calibres. Bon, c’est exagéré mais vous voyez. On pourrait dire la même chose de la France d’ailleurs. A ceux qui, de l’extérieur, se demandent comment le pays de la culture, du raffinement, des droits de l’homme, peut laisser filer comme une comète dans les sondages une candidate tendance raciste, aux propositions peu réalistes et rattachée à un parti qui n’en est plus à un scandale prêt, on peut répondre par les classiques explications ; contextuelles (le terrorisme, les migrants), sociales (le chômage, les dissensions entre communautés), identitaires et historiques (le racisme et l’antisémitisme en France ne sont pas nouveaux hélas), ou on peut se rappeler que la France n’est pas Paris, Lyon ou Bordeaux. Que la France c’est aussi ces milliers de villages minuscules qui n’ont pas le même accès à l’éducation, à la culture, pour qui l’info c’est TF1, que la France c’est aussi Touche pas mon poste. 

Pour autant, et c’est là ce qu’il y a d’alarmant, autant côté Trump que Le Pen, on compte de nombreux jeunes éduqués, des femmes, de gens des classes moyennes que la colère et le ressentiment ont menés là.  Alors au lieu de se demander comment cela est possible et de disserter pendant des heures sur les tares des ces candidats cauchemardesques, peut-être devrait-on surtout se demander si on connaît vraiment son pays. Et s’y essayer.