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Royale Académie

 L'Académie française ou la Royale Académie

L’Académie Française

Alors que la semaine des prix a commencé, le Femina ayant ouvert les festivités lundi en décernant ses trois récompenses (le Femina à Marcus Malte pour son Garçon, le Femina Essai à Ghislaine Dunant pour Charlotte Delbo, la vie retrouvée et le Femina étranger aux Vies de papier de Rabih Alameddine), la pluie d’or continue avec la remise aujourd’hui du Grand Prix du Roman de l’Académie française. Suivront ensuite le très respecté Medicis, le journalistique Renaudot et le si célèbre Goncourt (le 3 novembre). Le Décembre, l’Interallié, le prix de Flore et le Goncourt des lycéens fermeront la marche, éteignant les espoirs des non récompensés et dévoilant les derniers choix de nos tendres jurés littéraires. Dans ce florilège de prix, l’Académie française est l’un des plus cotés, des plus populaires, des plus suivis aussi, autant pour ses choix que pour l’auréole de gloire que son nom prestigieux fait rayonner sur la tête du vainqueur. Mais qui sont les anges de cette Académie de lettres ?

 Les académiciens

L’Académie française 

Si on a tous déjà lu en quatrième de couverture ou ailleurs la mention suivant le nom de l’auteur De l’Académie française, rares sont ceux qui sont en mesure de dire ce qu’est précisément la dite Académie et de citer la liste de ses membres. C’est qu’il faut remonter quatre siècles en arrière pour en scruter la naissance en 1635 sous l’impulsion du Cardinal de Richelieu. Soucieux de se lier aux intellectuels de son temps, et ayant appris l’existence des réunions hebdomadaires que Valentin Conrart, le maître de maison Conseiller-Secrétaire du Roi, organisait chez lui depuis 1629 et auxquelles il conviait neuf personnalités du milieu littéraire, le Cardinal décida d’officialiser ces rencontres et d’en devenir le « chef protecteur ». Il leur demanda donc d’établir des statuts, de porter le nombre d’académiciens à 40 et d’établir un processus d’élection indépendant de la naissance ou de la fortune, seulement fondé sur le talent. A une époque où la langue participe de la force d’un Etat, les Académiciens auront pour but de « de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences » (article XXIV). Ainsi née en 1935 la glorieuse Académie française dont la première mission sera de composer un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique. C’est-à-dire de conserver et perfectionner la langue française.

 Le cardinal de Richelieu

Les Académiciens 

 Siégeant d’abord au Louvre puis, à partir de 1805, dans l’ancien Collège des Quatre-Nations, l’Académie accueille les grands hommes de la France. La Fontaine, Montesquieu, Marivaux, Voltaire, d’Alembert, Chateaubriand, Lamartine, Hugo, Vigny, Musset, et plus tard Heredia, Edmond Rostand,  François Mauriac, Paul Valéry, Claudel, Pagnol ou encore Jean Cocteau,  elle  compte également des hommes de sciences, d’Etat ou d’Eglise (Louis Pasteur, Henri Bergson, Raymond Poincaré, Clemenceau, le maréchal Foch…). La liste est longue et impressionnante bien que le nombre d’heureux élus soit restreint à 40. A chaque départ et fauteuil laissé vacant, les candidats peuvent notifier leur candidature par une lettre adressée au Secrétaire perpétuel. Les académiciens se réunissent ensuite et votent pour élire à la majorité absolue (la moitié des voix exprimées plus une) leur futur compagnon. Celui-ci, une fois élu, devra se conformer à la tradition et réunir les fonds pour se procurer l’habit vert (brodé de rameaux d’olivier vert et or) et l’épée que tous les Académiciens arborent avec fierté. Actuellement composé de 37 membres (3 fauteuils étant vacants), l’Académie compte notamment dans ses rangs Jean d’Ormesson, Simone Veil, Jean-Christophe Rufin, Erik Orsenna, Valéry Giscard d’Estaing, Alain Finkielkraut, Pierre Nora et Hélène Carrère d’Encausse (on notera au passage que seules quatre femmes y siègent…). Dernier en date, Dany Laferrière y a été élu en 2013 et y officiellement rentré en 2015, gonflant ainsi le rang des « Immortels », les membres passés présents et futurs de l’honorable institution.

 L'épée de Marc Lambron

Le Grand Prix du Roman 

Si elle est connue, l’Académie reste encore un symbole plus qu’un acteur identifié par le grand public. Son Grand Prix du Roman est toutefois très populaire et largement suivi par les lecteurs. Autant que convoité par les auteurs. A la différence des autres prix qui mêlent dans leurs jurys journalistes, personnalités du milieu, librairies et parfois les lecteurs, seuls les académiciens votent pour élire chaque année le livre qu’ils estiment être le meilleur roman. Et depuis sa création en 1914, le dit Prix a couronné les plus grands ; Les Captifs de Joseph Kessel en 1927, le Journal d’un curé de campagne de G. Bernanos, la Terre des hommes de Saint-Exupéry, Belle du Seigneur d’Albert Cohen, La Bataille de Patrick Rambaud ou plus récemment Retour à Killybegs de Sorj Chalandon. L’an passé, surprise, ce ne sont pas un mais deux romans qu’ils ont récompensés, Les Prépondérants d’Hédi Kaddour et 2084. La fin du monde de Boualem Sansal. Le Grand Prix du Roman 2016 sera attribué aujourd’hui à l’un des trois derniers sélectionnés ; Livre pour adultes de Benoît Duteurtre, Légende de Sylvain Prudhomme et Le Dernier des nôtres d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre dont on murmure dans les couloirs qu’elle pourrait bien le remporter…

 Le Dernier des nôtres d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre

La réponse dans quelques minutes….