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S’acheter un sapin quand on vit seul ; atout déco ou placebo affectif ?

 Le sapin est-il le meilleur ami des célibataires à Noël ?

Le sapin est-il le meilleur ami des célibataires à Noël ? 

On aime tous Noël, et plus encore, le fêter. Qu’on soit croyant ou non, enfant ou adulte, et qu’on s’offre vraiment, le jour du réveillon, les cadeaux que sa fête autorise, on aime tous la magie qu’il charrie avec lui dans son traineau volant. Pour autant, tout le monde n’adopte pas son décorum d’hiver.

Une fois passé l’âge de croire au Père Noël, et si l’on a pas encore atteint celui de faire croire à ses propres enfants que le grand monsieur Blanc se glissera prochainement dans le conduit noirci de notre cheminée, les raisons s’amenuisent de parer sa maison de vert et rouge pétants. Ainsi retrouve-t-on moins chez les célibataires de chaussettes alignées sur le manteau de marbre de leur cheminée, de sucres d’Orge blanc dispersés ça et là ou de couronnes de gui accrochées à leur porte. Mais pas moins de sapins. Et ce, même si on sait qu’on fêtera Noël ailleurs, dans sa famille, ou que pour faire entrer un sapin, même petit, dans son appartement de 30 mètres carrés, on devra entasser nos meubles pour lui faire de la place.

Alors pourquoi s’embarrasser à s’acheter cet arbre des forêts sachant qu’aucun enfant ne viendra y chercher les cadeaux de l’avent ou qu’on sera les seuls à pouvoir l’admirer ? Vous me direz, pourquoi pas ? Pourquoi les célibataires n’y auraient-ils pas droit ? Après tout, le célibat n’a jamais empêché personne de couvrir sa maison de fleurs, de prendre soin de son intérieur ou de s’autoriser des plaisirs également réservés aux familles. Evidemment. Mais Noël, et particulièrement sa fête, est avant tout un moment de partage, familial, convivial, et les rues comme les vitrines étant déjà bardées de sapins décorés de mille boules et guirlandes, il y a quelque chose d’étrange à s’en acheter un si la taille de son appartement ne le permet pas. Ou qu’on passe très peu de temps chez soi. C’est un peu un devoir me répondent certains, une tradition solidement ancrée dans notre société et, partant, dans nos vies. Certes, mais il y mille autres traditions désormais bien fixées qu’on ne suit pas pour autant. A Halloween, rares sont ceux qui creusent citrouilles et potirons pour décorer leur table. Et les calendriers de l’Avent, pourtant moins couteux, volumineux et délicieux, n’ont pas tant de succès chez les célibattants.

C’est que le sapin, comme toutes les plantes, est aussi une présence, féérique de surcroit, qui, en pleine rentrée dans l’hiver, peut être réconfortante. Et si de plus en plus de trentenaires et plus décorent leurs intérieurs de plantes vertes et d’arbustes, ce n’est pas que tous se sont découvert une passion pour le jardinage. C’est qu’avoir chez soi un organisme vivant, aussi muet soit-il, le voir pousser et s’en occuper, aide à se sentir moins seul. Il en va de même pour le sapin. Rentrer chez soi le soir et découvrir, même collée au reste de ses meubles, cette pyramide de vert, enguirlandée de rouge et de lumière, réchauffe en deux secondes les cœurs les plus froids. C’est aussi qu’avec lui, on perpétue un peu l’esprit plein de magie de la saison des fêtes et qu’on conjure ainsi la malédiction de la sortie de l’enfance en rapportant chez soi un morceau d’innocence. Comme on a tous gardé notre première peluche même si celle-ci n’accompagne plus nos nuits, une fois par an, on s’autorise, célib ou pas, croyant ou non, et même adulte, à remonter le décor de notre précieuse enfance. Et après tout, y a-t-il meilleure période pour se gâter ?