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« Say Bonjour to the lady » : le livre franco-americain dont vous allez entendre parler

 Florence Mars et Pauline Leveque

Cette semaine notre correspondante Sarah Mark a rencontré deux expatriées Françaises, auteures de « Say Bonjour to the lady ». Un moment de lecture jubilatoire, véritable pont entre les USA et la France.

La plupart du temps, notre rendez-vous hebdomadaire Vloggist me donne l’occasion d’échanger sur les curiosités du quotidien à Manhattan. Je pense par défaut que tout ce qui fait l’originalité de la vie ici mérite d’être évoqué. Mais je n’aborde jamais vraiment le sujet pourtant si intéressant des différences culturelles entre la parisienne et la newyorkaise. Par peur de froisser peut-être. Ou bien parce-qu’une réflexion anthropologique plus poussée pourrait être bizarrement perçue par nous autres lectrices qui venons chercher ici notre « shoot d’inspiration mode, tendances et beauté ». Toujours est-il que cette semaine on va s’offrir un petit écart afin de se pencher sur la sortie de « Say Bonjour to the lady », un livre illustré qui traite avec humour de l’éducation des enfants, et surtout de l’abysse qui existe entre l’approche américaine et l’approche française : c’est très drôle, très juste, et ça pose les bonnes questions tout en restant léger.

Un petit mot sur les deux auteures : Florence Mars et Pauline Leveque. A elles deux ces françaises combinent plus de quinze années de vie à Manhattan, cinq enfants, de tous les âges, certains américains, d’autres français. Florence est vice-présidente de Bonpoint USA, Pauline écrit des livres bilingues pour enfant. Vous connaissez surement sa fameuse série Beep Beep qui met en avant la découverte du monde au travers des yeux d’une petite voiture. Inutile de vous dire qu’on peut difficilement faire plus pertinent que ce binôme pour traiter du sujet de l’enfance et de la pluri culturalité franco-américaine.

Je m’assoie avec les deux amies chez Ladurée à Soho pour parler du livre. On partage nos expériences sur la place de l’enfant, on rit de la maman américaine hystéro qui donne de l’Advil à son fils lorsqu’il se fait un « papercut », comme de la maman française psychorigide qui interdit ca-te-go-ri-quement à son enfant de s’immiscer dans les conversations d’adulte. On cherche l’équilibre entre celle qui s’exclamera « Amaziiiiing ! » devant la note moyenne de son rejeton, et celle qui lancera un « pas mal » sobre et froid si sa progéniture finit premier de sa classe. On se demande malicieusement pourquoi à l’issue de la finale d’un match de foot de l’école, le gagnant reçoit une coupe, mais le perdant reçoit la même. « On se moque de nous toutes. Toutes les mamans en prennent pour leurs grades. L’idée c’est de dédramatiser un peu et de rire de nos différences. » résume Florence. « Ce n’est pas une analyse sociologique mais juste une parenthèse sur nos différences poussées à l’extrême et traitée avec humour, pour rire. » Et le résultat est là : c’est jubilatoire comme lecture !

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C’est aussi l’occasion d’une réflexion saine sur l’éducation en général. Ce qui revient constamment c’est la confiance en soi des enfants américains. « La grande qualité de l’éducation américaine est de tout faire pour leur donner confiance en eux. La réussite prime sur l’échec, l’erreur est considérée comme partie de l’apprentissage, elle n’est pas stigmatisée, bien au contraire, corriger ses erreurs valorise l’écolier américain. L’avantage est que l’enfant se sent intégré plus facilement et comme il est valorisé, il aime l’école », note Pauline. Notre « ça ne se fait pas » n’existe pas ici. « Une robe de princesse pour aller au supermarché : OK. Du vernis violet foncé pour aller à l’école à 5 ans : OK. Un tutu pour prendre l’avion : totalement OK. On vie au pays du toujours oui », s’amuse Florence.

Libre à chacune de fixer le curseur entre les deux styles là où vous pouvez, mais c’est toujours bénéfique de prendre un peu de distance, de rigoler et de se poser les bonnes questions.

Sur ce, bonne lecture pour celles qui lisent l’anglais et pour les autres il faudra attendre l’an prochain pour la sortie en VF.

See you next week !