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Some like it hot

 Some like it hot

Un homme qui aime le Q, ça ne choque personne. C’est normal, « c’est dans sa nature », et mon préféré, « c’est animal ». Une femme, en revanche, ça pose problème. Quand elle n’est pas associée à une figure du bois de Boulogne (qui d’ailleurs le font moins par envie que par nécessité, choisie ou non), on la dit malade (déjà entendu parler d’un homme nymphomane ?), anormale,  au mieux traumatisée par un épisode enfantin douloureux. En vérité, du Q il en va comme des goûts, chacun a les siens et aucune loi ne règne. Et d’expérience, j’ai croisé beaucoup de femmes qui adoraient ça, mais le cachaient, et pas mal d’hommes qui n’aimaient pas ça, et le cachaient aussi. Qu’une femme prétexte une migraine, et on trouve ça attendu. Qu’un homme rechigne à se coller contre sa partenaire le soir, et on le soupçonne de couver un mal secret, voire, pour les réac machiste-fasciste, d’aimer les hommes. Comme s’il pouvait y avoir un mal à aimer ou ne pas aimer ça.

On a pour habitude de distinguer coucher et faire l’amour. Ado, on apprend ça assez tôt et balance du coucher à tout va. Plus tard, on explique la nuance par une absence, dans le premier cas, de sentiments. On pourrait tout aussi bien voir dans l’un la réponse à un désir d’abord physique. Dans l’autre à un désir d’abord sentimental. Sans que les deux soient incompatibles.  Mais comme on accorde généralement plus aisément l’amour des sentiments aux femmes, et du sexe aux hommes, on en revient à considérer qu’une femme qui n’aimerait pas coucher serait normale, et qu’un homme qui ne chercherait que ça tout aussi sain.

Les temps changent heureusement et les femmes ont de moins en moins de mal à avouer aimer ça, le sexe, autant que l’amour, les deux ne vont pas toujours ensemble mais se rejoignent souvent. Chose inédite, il semblerait que pour une fois les vrais perdants soient les hommes. S’ils n’aiment pas faire l’amour, et encore moins coucher, on les considère avec suspicion et gêne, avant de les taxer de refouler je ne sais quel désir, et de leur ôter toute masculinité. Alors réjouissons-nous sur ce point d’avoir avancer, et essayons de comprendre aussi que certains hommes puissent ne pas aimer coucher, et certaines femmes en vouloir toujours plus sans être, dans un cas moins homme, dans l’autre trop femme.