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T’as fait tes cadeaux ? Les courses sur internet VS en magasins

 Courses de Noël en ligne ou en boutiques ; deux écoles, deux Noëls.

Courses de Noël en ligne ou en boutiques ; deux écoles, deux Noëls.

Pour faire ses cadeaux de Noël, il y a deux écoles. L’ancienne, chronologie oblige, dans laquelle se trouvent ceux nés avant l’apparition de l’internet et qui ont pris l’habitude d’aller braver le froid, la foule, la cohue, pour se rendre en magasins trouver les présents qui combleront leurs proches. Et la nouvelle, celle de la génération Y et de ses successeurs qui, bien rôdés à l’art de surfer, préfèrent s’épargner les tracas des courses en magasins et gagner du temps en faisant leurs cadeaux sur le web. Mais comme toujours, il y a aussi les résistants, les récalcitrants, les tradi, les conservateurs, les vieux jeux, ceux qui, bien qu’étant nés avec une souris dans la main et qu’ayant appris à parler sur whatsapp, tiennent à faire leurs cadeaux à l’ancienne. En achetant leurs présents physiquement, en boutiques, souvent après avoir cherché des heures, arpenter les rues de leurs villes en grelottant ou en étouffant une fois le seuil des magasins franchis.

 Courses de Noël en ligne ou en boutiques ; deux écoles, deux Noëls.

Pourquoi s’infliger une telle torture nous direz-vous ? Après tout, il n’y a rien de plus angoissant que des rues bondées de gens surexcités et impatients de trouver leurs cadeaux qui se pressent dans de minuscules boutiques ou de gigantesques magasins où respirer est un défi. Pourquoi, alors qu’internet permet de choisir tranquillement ses cadeaux sous sa couette, surfant de son lit, et de recevoir son achat dès le lendemain dans sa boîte aux lettres sans avoir à se déplacer, pourquoi donc s’embarrasser d’un protocole si ancien ? L’agoraphobe que je suis se pose souvent cette question, généralement le 23 décembre alors que j’arpente les rues de Paris pour « finir mes cadeaux » et qu’entre un coup de coude reçu sur le nez et une queue longue comme à Disney pour payer, le mot supplice semble s’incarner sous mes yeux.

 Courses de Noël en ligne ou en boutiques ; deux écoles, deux Noëls.

 

Parce qu’un cadeau ne dépend pas seulement de l’objet acheté ou du prix qu’on y met mais aussi du temps qu’on a passé pour le trouver, le chiner, et que les plus beaux présents, les plus attentionnés, sont souvent moins ceux qu’on shoppe en suivant les listes classiques et conseillés sur internet que ceux sur lesquels on tombe par hasard, au détour d’une vitrine, et qui semblent soudain évidents. Or, ceci implique effectivement d’aller braver le froid, la nuit, la foule, mais en tendant quelques jours plus tard le dit cadeau à celui pour qui on a souffert, c’est bien plus qu’on lui offre. C’est notre temps, notre attention, la preuve qu’on a vraiment pensé à lui pour essayer de le gâter.

Et, n’en déplaise aux accros de la toile et autres araignées, faire ses courses de Noël comme avant est aussi l’un des plaisirs de cette période. Certes, il y a la foule, mais c’est un moment de communion étrange, consumériste diront certains, mais pas seulement puisqu’on se retrouve collé à des milliers de gens tous animés par la même intention ; faire plaisir à ceux qu’ils aiment. C’est aussi l’occasion de s’arrêter boire un chocolat ou de déguster quelques marrons chauds entre deux boutiques à explorer, d’admirer les vitrines féériques devant lesquels sautent les enfants, de retrouver ses amis pour jouir de leurs conseils et leur en prodiguer certains, avant de finir attablés autour d’un bon vin chaud, les bras chargés de cadeaux qui sont autant d’horizons de joie. On en oublie alors le geste consumériste auquel se réduit l’achat sur internet de produits qu’on ne peut pas vraiment choisir ou voir, et plutôt que de reporter les chiffres de notre carte bancaire, on offre vraiment à nos proches un peu de nous dans nos cadeaux. Finalement, c’en est aussi un qu’on se fait. Peut-être le plus beau. Celui de combler ceux qu’on aime.

 Courses de Noël en ligne ou en boutiques ; deux écoles, deux Noëls.