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There’s no business like Art Business

 L'oeuvre %22Balloon Monkey (Red)%22 au milieu de deux autres sculptures de Jeff Koons, %22Balloon Swan (Blue)%22 et %22Balloon Rabbit (Yellow)%22

Si la vision de l’artiste reculé dans son atelier, et impassible aux contingences du quotidien semble aujourd’hui bien dépassée, la question du rapport de l’artiste à l’argent et plus généralement au monde qui l’entoure reste ouverte. C’est le thème de prédilection de Judith Benhamou-Huet, journaliste aux Echos, essayiste et animatrice d’un site à son nom. En 2012, dans son essai “Les artistes ont toujours aimé l’argent”, elle porte un coup aux préjugés de notre époque et établit des ponts très clairs entre le système des artistes businessmen à la Jeff Koons ou Damien Hirst, et celui des artistes classiques qu’on aurait pu imaginer exempt de toute pensée mercantile. Elle s’arrête notamment sur le cas de Rubens le grand peintre baroque flamand, à qui l’on doit notamment la très célèbre séries du “cycle de Marie de Médicis” à la gloire de cette dernière, exposée au Louvres-  qui avait mis en place, bien avant la factory d’Andy, une véritable entreprise de création organisée de tableaux, afin d’industrialiser la production et la diffusion de ses tableaux. Avant lui, Cranach, un peintre allemand de la Renaissance était également connu pour avoir produit plusieurs tableaux identiques, parfois la même année, démontrant une vraie démarche productiviste et animée, aussi, par l’argent. La question vaut-elle le coup ?

 Jeff Koons
 Damien Hirst

C’est dimanche, lors d’un déjeuner en famille, que m’est venue cette réflexion. Ma tante, véritable artiste, autodidacte, me demandait “ce Murakami (qui expose en ce moment à la Galerie Emmanuel Perrotin) comment fait-il pour réaliser de si grands formats ?”. La réponse est simple : il a un atelier, c’est à dire une équipe de gens qui travaillent sur ces oeuvres, comme des ouvriers travaillent sur un ouvrage technique . La question vaut le coup oui, car elle en amène beaucoup d’autres : la qualité de l’artiste tient – elle de sa capacité à penser, imaginer, penser et à faire, ou seulement à penser et après savoir faire-faire ? L’histoire de l’art nous a montré que la réponse était comme souvent, une réponse de normand : un peu des deux mon général. Je ne trancherais pas ici mais voulait seulement soulever cette question, que certains se sont déjà posées, et alors que nous sortons doucement de cette très riche et dense Art Week.

Et puis… au fond des fond, ce qui compte c’est qu’on ressent face à l’oeuvre de toute façon… n’est-ce pas ma bonne dame !

A suivre
François