Lifestyle

Wall of frames

 Sarah Lavoine, décoratrice, adepte du Wall of Frames

Comment se faire un mur de cadres ?

Autrefois, aux murs, on affichait ses trophées. Heureusement on ne chasse plus mais on continue à prendre des photos. Et ça tombe bien puisqu’il n’y a pas mieux que les clichés encadrés pour habiller un mur et rendre un appartement chaleureux et élégant. Mais plutôt que de la jouer classique en alignant les cadres horizontalement ou verticalement façon galerie ou musée, on s’inspire des intérieurs bohème-arty pour se créer un mur de cadres harmonieusement hétéroclite. Il suffit de faire les bons choix. On vous dit lesquels.

Bien choisir son mur /

C’est le plus important et le point de départ : le mur. On le choisit d’abord en fonction de sa taille, ce dernier devant être assez grand pour que l’accumulation des cadres puisse créer une peinture plus globale et que le résultat ne soit pas étouffant. Le mieux étant évidemment un mur qu’aucune fenêtre ne perce, et situé dans une pièce à vivre (salon, salle à manger) plutôt que dans la chambre qui préfère une déco moins chargée et plus intimiste (pour mieux s’y reposer). Mais on peut aussi opter pour la cuisine ou la salle de bain, le couloir ou les toilettes, chaque pièce qu’on désire habiller s’y prête. On fait ensuite attention à la hauteur, ainsi qu’à la couleur du mur (qui devra aller avec celles des cadres) et on évite les murs déjà recouverts de papier peint pour ne pas surcharger.

Bien choisir ses photos /

Une fois la pièce connue et le mur choisi, on sort de ses placards tous les clichés, photos, cartes postales, coupures de journaux, affiches, publicités ou même couvertures de livres qu’on désire accrocher. On ne se limite pas quant aux supports et on cherche au contraire à mêler tous les genres, mais en veillant toutefois à garder une unité dans le style des clichés ou à s’assurer qu’ils forment ensemble un tableau cohérent et harmonieux. On joue donc, à la Baudelaire, les correspondances, en mêlant par exemple une vieille coupure de presse sur les US à une photo personnelle de soi en voyage là-bas, à une carte postale d’une même teinte etc. en faisant attention aux couleurs et aux formats des supports. Pour ça, on éparpille les documents au sol et, à la manière d’un puzzle, on rassemble progressivement les éléments de notre tableau, en écartant ceux qui jurent ou ne rentre pas dans « le cadre » global. Et on peut même ajouter quelques miroirs pour donner de la lumière à l’ensemble.

Bien choisir ses cadres /

Une fois les clichés choisis, viennent les cadres. Et là encore, on joue le chaos esthétique en mêlant les formats (carré, rectangulaire, ovale, grands, petits) et les genres (en bois, clair ou foncé, en métal, en plastique, noir, blanc, à dorures, modernes, vieux etc.). A l’intérieur aussi, on diversifie en ajoutant ici une marie-louise, là un passe-partout, ou en laissant tel cadre vide. Côté shopping, on ne se restreint pas aux classiques cadres Ikea ou Leroy-Merlin, mais on va chercher de vieux cadres dans des vides-greniers et dépôts-ventes (Emmaüs par exemple), on va faire un tour dans les drogueries, ou en achète plusieurs du même modèle (en bois de préférence) pour les peindre et les décorer selon son goût.

Bien choisir sa disposition /

C’est le moment le plus délicat, celui de la composition. Car même si l’effet final est celui d’une progressive accumulation, pour ne pas risquer la faute de goût, on prépare son tableau avant d’accrocher ses divers éléments. Pour ce faire, on pose les cadres au sol et on les assemble au fur et à mesure pour former le mur que l’on souhaite : on peut choisir une forme géométrique (en dessinant un grand rectangle et en veillant à la symétrie par exemple), ou une forme éclatée (en accumulant les cadres et en variant les hauteurs et les espaces entre chaque cadre). Une fois la composition faite, deux options ; ou on prend en photo, de haut, l’ensemble pour en juger et pouvoir accrocher progressivement les cadres à l’aide de son modèle ; ou on découpe des feuilles de la dimension des cadres qu’on colle ensuite au mur pour se donner une idée du résultat et y placer les cadres. Enfin, rien n’empêchera ensuite de compléter le tableau progressivement, ou même de déborder sur les murs attenants, une fois le puzzle principal composé, les autres pièces s’y mêleront facilement.