Mode

10 Minutes avec …. Caroline Lebar (Karl Lagerfeld)

 Caroline Lebar

Depuis plus 30 ans aux côtés de Karl Lagerfeld, Caroline Lebar (Karo) est une femme aussi étonnante qu’adorable … Et une une sacrée slasheuse : Dir Com’ d’une marque de mode,  reine des tartes …. et fan de technologie. Portrait.

Il y a des gens qui à 18 ans ont quitté leur province, bien décidés à empoigner la vie. Pour Karo, l’aventure commence à 17ans par un stage déterminant pour la suite des événements. Autour de ses parents, tous les deux comédiens, elle côtoie dès l’enfance, un attaché de presse qui s’occupe d’eux. C’est chez lui qu’elle effectue son premier stage à l’été 1983. L’expérience lui plaît tellement qu’elle décide de se lancer à fond dans ce métier qu’elle envisageait déjà quand elle était plus jeune. Le bureau de presse s’occupe à l’époque de maisons comme Balmain – dont la création vient tout juste d’être reprise par Erik Mortensen suite à la mort de Monsieur Pierre Balmain en 1982- mais aussi d’Angelo Tarlazzi, star montante des années early 1980’s. Après deux ans de bons et loyaux services, Karo quitte l’agence de presse et se remet sur le marché du travail. Elle passe jusqu’à 28 entretiens… sans rien trouver ! Jusqu’au jour une attachée de presse de la jeune maison de mode Karl Lagerfeld l’appelle pour les rejoindre. La mode à Paris vit alors en pleine ébullition avec l’émergence des jeunes créateurs futurs grands comme Jean-Paul Gaultier, Kenzo ou Montana et bien sûr la reprise de la couture Chanel par Karl Lagerfeld en 1983 qui marque un vrai tournant dans l’histoire de la maison mais aussi de toute la mode.

 Caroline Lebar

C’est donc dans ce contexte super excitant, en 1985 que Karo commence sa collaboration pour le Kaiser Karl. Il ne s’intéresse pas tout de suite à elle.. .pire il l’appelle “Miss Liberto” à cause de ses jeans. Et un jour,  à peine 6 mois après son arrivée, la relation change, Karl lui propose même de défiler pour sa marque mais aussi pour Chanel et la prend comme mannequin sur plusieurs campagnes. En charge des relations presses de la maison, mais aussi des shootings des défilés, elle n’imagine pas encore à cette époque tout le chemin qu’elle va parcourir aux côtés de Karl.

L’année 1998 marque un tournant notoire pour Karo : pas pour la victoire de l’équipe de France de foot mais pour deux événements très importants dans sa vie. Le premier n’est pas majeur il est capital : elle accouche de son fils . Le second donne un nouveau tournant à sa collaboration avec Karl Lagerfeld. Fidèle à sa tradition de confier à ses proches collaborateurs des missions qui leur semblent à priori éloignées de leur domaine d’origine, Karl confie à Karo la coordination presse de la vente de sa collection privée d’objets d’art 18ème siècle chez Christie’s. Pour Karo c’est tout autant un challenge exceptionnel qu’un enjeu majeur… elle ne connaît pas grand chose à cet univers des grandes ventes aux enchères mais sait au fond d’elle qu’il ne lui a pas demandé de mener à bien cette mission par hasard. Et c’est bien ça l’une de ses forces à Karl Lagerfeld : pousser les gens hors de leur zone de confort, et leur permettre de se développer professionnellement et humainement.

 Caroline Lebar et Karl Lagarfeld

Par la suite la liste des projets qu’elle coordonne,  à la fois au nom de la marque de mode Karl Lagerfeld (ou plutôt des différents maisons de mode à son nom qui se sont succédées) mais aussi en tant qu’attachée de presse personnelle de Karl Lagerfeld – se suivent sans se ressembler.  Elle m’en cite un particulièrement grandiose et novateur : la collaboration de Karl Lagerfeld avec H&M. A l’époque la marque suédoise n’est pas encore le géant mass-market très respectable qui aligne des campagnes de modes très quali. C’est dire si le pari de Karl est osé : le jour de la sortie, le 12 novembre 2004, les gens attendent plusieurs heures pour s’arracher les produits griffés par Karl. C’est le début d’une longue et fructueuse collaboration entre H&M et le monde de la mode.

Impossible de parler de Karo sans parler de Karl, tellement leur collaboration s’inscrit dans le confort de ces familles électives que se créent ceux qui aiment être (bien) entourés. Et pourtant, il y a gros à dire sur elle, juste elle. Son style d’abord, androgyne, hors des standards de la mode, et pourtant bien définissable. Ses goûts : fan de technologie – elle avoue s’être acheté elle même son premier ordinateur au début des années 1990- et joueuse invétérée de Billard Français, Karo est aussi depuis trois ans une créatrice de… tartes ! C’est dans la maison de campagne qu’elle a achetée près de Chartres avec son compagnon de vie depuis plus de 30 ans (et père de son fils) que commence son histoire avec les tartes. A force de manger les mûres et les prunes de son jardin, elle se dit qu’elle pourrait bien en faire quelque chose. Et quoi de mieux qu’une tarte pour mettre en scène de si bons fruits. De caractère très organisé voire maniaque, elle s’exécute avec la minutie d’un orfèvre et produit une tarte aussi belle que bonne. Elle publie la photo sur Instagram qui suscite l’intérêt rapide de son entourage : elle se fixe alors pour défi de publier toutes les semaines une nouvelle photo de tarte de sa composition. Un jour, un éditeur l’appelle et lui propose de faire un livre de recettes illustrées sur ses tartes. Elle croit au canular à tel point qu’il doit lui même se déplacer pour lui prouver de sa bonne foi. C’est comme ça qu’est né ce livre aussi appétissant qu’agréable à regarder “Une Tarte pour Dimanche”  (éditions Marabout)…..

 “Une Tarte pour Dimanche” (éditions Marabout)

Alors Karo qu’est ce que tu nous racontes ?

Ton style en 3 mots ?  Androgyne, simple, “hors” mode.

Tes sources d’inspiration en ce moment ? Mon fils, et plus généralement la jeunesse… Une source d’inspiration sans fin ! En ce moment je suis très impliqué pour sensibiliser le public et lever des fonds pour la Fondation Descartes qui soutient l’École de Médecine. Ça me tient vraiment à coeur !

La tendance que tu aurais aimée lancer ? Le digital !! Je suis une vraie geek ! Quand j’étais petite, je rêvais de pouvoir un jour conduire une voiture depuis un écran. Le monde de la technologie me fascine.

La tendance que tu aurais aimée empêcher ?  Je sèche…

Ton objet fétiche ? Ma bague. Elle me vient de ma mère et avant elle de sa mère. Au départ c’était une boucle d’oreille, qui a été montée en bague. J’aime beaucoup l’idée que quelqu’un de ma famille que je ne connais puisse peut-être porter l’autre boucle d’oreille en bague…. Ou alors elle a tout simplement disparu

Ton créateur de mode préféré ? Karl Lagerfeld !

Ton adresse mode préférée ? Karl Lagerfeld, et pour le reste j’aime beaucoup Uniqlo pour tous les jours.

Ton havre de paix ? Ma maison de campagne près de Chartres.

Ton truc en plus ? Mes tartes !

En enfin, ton conseil pour la suite ? J’ai de conseils à donner à personne. L’important c’est de faire ce qu’on a envie !

Merci Karo !

 François Pignol & Caroline Lebar

Pour en savoir plus : C’est ICI

 

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Une photo publiée par Caroline Lebar (@carolinelebar) le