Mode

Les Grands Couturiers intemporels – Jeanne Lanvin

 Jeanne Lanvin

Dernière série de l’été que j’initie ici. Cet été, point d’interview “10 minutes avec” mais des portraits de créateurs et créatrices de modes de génie, intemporels, et qui ont laissé des traces indélébiles sur la mode d’aujourd’hui. Pour commencer : Jeanne Lanvin

Vous connaissez tous la marque Lanvin. Non pas celle des chocolats qui faisaient dire au génial Dali en 1968  “Je suis Fou.. du Chocolat Lanvin” dans une publicité devenue mythique. Non le Lanvin couture. Le Lanvin mode. Ceux et celles qui s’intéressent à la mode devraient normalement avoir tout de suite le nom d’Alber Elbaz qui leur monte à la bouche. Arrivé en 2001 le couturier Libanais est en effet resté 14 aux manettes de la maison Lanvin avant de la quitter suite à un différend avec la propriétaire, la fameuse Madame Wang. Mais savez-vous que dérrière le nom Lanvin, il y a aussi et surtout un prénom, celui de la fondatrice de la maison : Jeanne Lanvin. Née en 1867 à Paris, rien ne destinait Jeanne Lanvin à devenir ce qu’elle est devenue : l’un des plus grands noms de la mode. Issue d’un milieu populaire, la famille, qui compte 11 enfants, traverse des années difficiles dans cette fin de 19ème siècle. Passionnée de mode et de vêtements, elle commence très jeune comme employée chez des “modistes” (fabricants de chapeaux) puis ouvre à 22 ans (en 1889) à peine sa première boutique de mode, avec l’aide financière de ses fournisseurs. Son succès est rapide à tel point qu’elle figure dès 1901 dans le prestigieux “Annuaire de la mode Française” et fait partie dès 1909 de la très officielle Chambre Syndicale de la Haute Couture. L’exposition qui lui a été consacrée au Musée Galliera à Paris en 2015 a permis de bien mesurer l’ampleur et le génie de son travail : des broderies, des surpiqûres, des bustes ajustés, des robes à la fois proprement classiques et terriblement modernes.

On y découvrait aussi (du moins pour les non- initiés comme moi) l’importance de sa relation avec sa fille unique Marguerite, qui a presque dicté son engouement pour la mode au point de créer des collections pour elle et lui a notamment inspiré le logo de la Maison : une mère tendrement penchée sur sa fille. Véritable femme d’affaires, Jeanne Lanvin développe sa société au-delà des frontières de la mode féminine. Elle lance une ligne pour hommes, et connait un vrai succès en 1927, avec son parfum pour femmes “Arpège” qui fera dire à son amie Louise de Vimorin qu’il s’agit “d’un parfum musical qui murmure une chanson heureuse, un luxe raffiné, un miracle d’élégance”. Rien que ça.

Alors que la mode va désormais à toute vitesse et que les créateurs ne restent guère plus que quelques saisons aux manettes des maisons de couture,, il me semblait bon de revenir aux racines de ceux et celles qui ont marqué à jamais par leur nom, l’histoire de la mode.

La semaine prochaine, nous découvrirons le grand couturier Jacques Doucet, également mécène et collectionneur, et dont le goût inspira celui d’Yves Saint-Laurent.

A suivre

#ChroniquesdeFrançois