Mode

Les Grands Couturiers : Jacques Doucet

Après Jeanne Lanvin, je voudrais vous faire découvrir Jacques Doucet, le grand couturier de la Belle Epoque, également  connu pour son goût très raffiné et ses impressionnantes collections d’art.

Le nom de Jacques Doucet ne vous dit rien ? C’est normal, sa maison de couture a disparu avant la seconde guerrre mondiale. Pourtant, il a été l’un des plus grands courturiers de la Belle Epoque, et un très grand collectionneur de son temps.  C’est à l’occasion d’une exposition croisée à la Fondation Pierre Bergé Yves-Saint-Laurent à Paris que j’ai découvert Jacques Doucet. Le thème était ambitieux- reproduire des espaces de leurs appartements respectifs en y plaçant quelques-uns des tableaux et objets, que des chefs-d’oeuvres, qu’ils avaient tous deux collectionnés au cours leurs vies. Le résultat était fort réussi. Près d’un siècle séparent ces deux grands couturiers et collectionneurs et pourtant,  il est frappant de voir à quel point Yves Saint-Laurent a été inspiré par le goût de Jacques Doucet. Né à Paris en 1853, Jacques Doucet est un fils de marchands de lingerie. Comme Jeanne Lanvin, c’est un fils de milieu moyen (très modeste pour Jeanne Lanvin) qui s’élève au rang de l’élégance absolue au point de devenir le couturier du grand monde. Installée rue de la Paix, sa boutique reçoit la riche clientèle de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, en cette période qui marque l’essor de la bourgoiesie conquérante. D’un oeil avisé et fasciné par l’art, Jacques Doucet agrémente très vite sa vie de couturier en s’adonnant au plaisir raffiné de collectionneur d’art. Peut-être pour se donner une allure Grand genre, il commence par constituer une impressionnante collection dl’art et mobilier classique faite de La Tour, Chardin, Watteau, les grands noms du 18ème siècle français. Il s’en séparara en 1912, dans une vente déjà qualifiée à l’époque de “vente du siècle (encore un lien avec Saint-Laurent..). Fidèle à son temps, il se rapproche au début des années 1920 des milieux intellectuels surréalistes et d’avant-garde autour du poète André Suares et plus tard d’André Breton. Véritable mécène, il aide toute la génération des écrivains de cette époque (Max Jacob, Breton, Aragon..). C’est à cette éqoque qu’il achète des grands tableaux d’art moderne et contemporain (Degas, Cézanne, Matisse, Picasso, Miro, Picabia) et les déjà grands noms de l’art déco (Eileen Gray, Dunand..). Il sera en 1924 le premier propriétaire des Demoiselles d’Avignon, le chef d’oeuvre de Picasso, exposé aujourd’hui au MOMA de New-York. S’il ne reste plus rien de son appartement à Neuilly ou il vécut une grande partie de sa vie, ses héritiers ont fondé à leur mort un Musée à Avignon, le Musée Angladon, qui recuille le reste des trésors de Jacques Doucet… à découvrir !

Le semaine prochaine, nous découvrirons, une autre femme, la grande rivale de Coco Chanel : Elsa Schiaparelli, dont le nom renaît à Paris grâce à Diego Della Valle (propriétaire de Tod’s)

A suivre

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