Mode

Les Grands Couturiers – Madeleine Vionnet

 Marie Madeleine Valentine Vionnet, née le 22 juin 1876 à Chilleurs-aux-Bois et morte le 2 mars 1975 à Paris, est une grande couturière française et une influence majeure de la mode du XXᵉ siècle.

Pour finir cette série, une femme et pas des moindres. Madeleine Vionnet a été une figure d’envergure de la mode des années 1910-1940. Reine du drapé et des robes du soir près du corps, elle a également imposé son temps par sa vision progressiste et sociale du travail et par ses avancées dans le domaine du Copyright. Portrait.

C’est à Chilleurs-aux-bois, une petit commune du Loiret, que née, le 22 juin 1876, Madeleine Vionnet. Il ne lui faudra attendre que l’âge de 14 ans pour rejoindre à Paris en 1890 où elle fait ses armes comme apprentie chez un couturier de la rue de la Paix, le couturier Vincent. Un an avant, une autre femme qui marquera à jamais le monde de la mode, Jeanne Lanvin, ouvrait sa première boutique avec un succès fulgurant. Madeleine doit encore un peu attendre avant de pouvoir se lancer en solo. Déjà très moderne pour son temps, elle s’affranchit des conventions sociales de l’époque en divorçant de son mari (Emile Depoutot) deux à peine après s’être mariés en 1894 – un drame, la mort de leur enfant unique, brisa leur couple rapidement- et adhère au mouvement progressiste qui cherche à libérer la femme et lui donner la place qu’elle mérite. Elle quitte Paris pour Londres l’année suivante où elle travaille chez différents tailleurs de Savile Row – la célèbre rue de Londres connue encore aujourd’hui pour la qualité d’excellence de ses tailleurs. De retour à Paris en 1900, elle intègre une maison prestigieuse, celle des soeurs Callot, qui connut ses moments de gloire dans la première moitié du 20ème siècle. C’est chez elle que Madeleine se forme aux techniques pointues de la mode et de la couture. En 1906, un grand nom de la mode, Jacques Doucet, le grand couturier de la Belle Époque et déjà grand collectionneur l’embauche. Avec elle, la maison Doucet démocratise la fin du corset pour les femmes alors initiée par Paul Poiret. En 1912, alors qu’elle a déjà 36 ans, Madeleine Vionnet se lance et ouvre sa première boutique son propre nom au 222 Rue de Rivoli à Paris. Après une courte interruption pendant la 1ère guerre mondiale, la Maison Vionnet reprend de plus belle dans les années 1920 et 1930 avec l’apogée du style Vionnet : des robes près du corps qui subliment la femme, des drapés et des formes souples qui lui donnent cette allure très moderne. Associée dès 1922 à Théophile Bader, le propriétaire des Galeries Lafayette, elle contribue à transformer le grand magasin en véritable temple de la mode.

Progressiste et moderniste, elle veut faire profiter à ses couturières des avancées sociales dont elle a profité en tant que femme d’affaires et couturière : elle leur offre des vacances (il faudra attendre 1936 pour voir l’instauration des congés payés en France), fait installer une crèche et leur crée un cadre confortable pour travailler.

Alors qu’elle connaît un succès énorme à Paris et à New-York où elle a ouvert une boutique dès 1924, elle décide de fermer sa maison en 1940 quand la guerre éclate. Comme Elsa Schiaparelli qui ferme sa maison quelques années plus tard, la maison Vionnet aurait pu disparaître dans l’oubli. C’était sans compter sur l’appétit grandissant du “revival” qui depuis le succès phénoménal de la relance de Balenciaga (relancée en 1986),  a incité des investisseurs et créateurs à faire renaître les grands noms de la mode oubliés…. Ce fut le cas de la  Maison Vionnet qui renaît à Paris sur les podiums depuis 2006… A suivre !

Belle fin d’été à tous

#ChroniquesdeFrançois