Mode

Interview 10 minutes avec…Shourouk

 Interview 10 minutes avec…Shourouk

Imprégnée à la fois par le style Bling des séries Dallas et Dynastie, et par Frida Kahlo, la créatrice de bijoux et artiste Shourouk nous ouvre les portes de son univers. Portrait.

Monter une marque qui porte son nom c’est forcément l’histoire d’une histoire. Quand elle était enfant, rien ne pouvait laisser penser à ses camarades qu’un jour Shourouk serait à la tête de sa marque éponyme. Et pourtant, comme elle le dit, sans réserve “j’ai toujours su que…I could do it”. Formée au studio Berçot, Shourouk a très vite su que la mode serait sa vie. Après un passage chez Chloé et chez John Galliano où elle travaille à chaque fois “au studio” sur des recherches de broderie, de tressage, ou sur des développements d’embellissement des vêtements, elle part à Florence chez Roberto Cavalli. Mais les dimanches trop tristes de la capitale toscane la pousse à revenir à Paris. A la fin de son contrat, elle n’a qu’une idée en tête, rejoindre la maison Lanvin. Pour y arriver elle se tourne vers la très influente directrice du Studio Berçot, Marie Rucki à qui elle demande de l’aide. Celle qui appelait Shourouk “l’élégante” pendant ses années d’étude, lui répond de manière très directe : “si j’étais toi je monterais une marque. Tu as un truc, ton truc. Monte une marque”. Shourouk quitte son bureau sans contact ni recommendation mais garde l’idée de monter une marque ancrée au fond de sa tête. Elle en parle à son ami Pierre Lasquier qui lui répond aussi vite que la directrice de son école : “j’ai du temps, un peu d’argent pour monter l’affaire, on y va ensemble”. C’est comme ça que nait la marque Shourouk. Elle se lance très vite dans la conception de sa première collection de bijoux, part en Inde à Bombay, où se trouvent les meilleurs artisans pour broder les pierres sur des bijoux. Quelques mois à peine après s’être lancée, Shourouk, et son associé, présentent la première collection de la maison Shourouk.

 Shourouk collection été 2016

Au début, elle n’y croyait pas du tout. Elle pensait se faire la main avec une ou deux collections et aller ensuite rejoindre la maison Lanvin. C’était sans compter sur le succès qu’elle rencontre très rapidement. Des acheteurs de grands magasins achètent la première collection et la distribuent en France, en Europe, à Dubai. Tout ça se passe en 2008, en pleine crise financière mondiale, dans un climat économique et social morose. Les bijoux de Shourouk détonnent par leur bonne humeur, leurs couleurs, leur côté “super dramatic”. “C’était du “Elizabeth Taylor qui avait pris un acide” me confie Shourouk.

 Campagne Shourouk Jonathan Icher

Le succès est au rendez-vous. Les célébrités s’emparent de la marque à l’instar de Jennifer Lopez, Lady Gaga, les personnages de Sex & The City. Mais deux histoires l’ont marqué particulièrement. La première concerne la First Lady des Etats-Unis Michelle Obama. Un jour sa styliste appelle Shourouk et lui dit que “Michelle Obama a découvert son univers et ses bijoux et voudrait une ceinture”. Excitée, Shourouk lui en prépare 10 et jubile quand elle voit Michelle Obama descendre de Air Force One avec l’une de ses créations. La deuxième est cette rencontre avec la rédactrice ce Vogue Italie puis Vogue Japon Anna Dello Russo qui la découvre à l’issue d’un concours de créateurs organisé par Vogue Italie. Attirée par son travail, Anna Dello Russo interpelle Shourouk et lui dit “j’adore ce que tu fais, tu m’envoies tout ça à mon hotel”. Pendant toute une fashion week, Anna Dello Russo porte les créations de Shourouk un peu partout, et la modosphère s’emballe. Elle me raconte une dernière anecdote. A la fin d’un séjour à New-York, alors que le monde entier s’emballe pour les pérégrinations des héros de la série Gossip Girl, Shourouk ne veut pas quitter la Big Apple sans avoir essayé de contacter l’équipe de Stylistes qui pourraient placer ses bijoux dans le tournage. Après un échec auprès d’une assistante, elle réussit à attirer l’attention d’une responsable du stylisme qui lui propose par mail de venir présenter ses bijoux. Le Styliste en chef est sous le charme. Il mettra des bijoux Shourouk un peu partout dans les épisodes suivants.

 Shourouk collection été 2016

8 ans après avoir monté sa marque, Shourouk a toujours envie d’aller plus loin, plus haut.  Pleine d’enthousiasme et d’optimisme, Shourouk a envie de déployer ses talents artistiques sur d’autres supports. Elle rêve de faire des objets artistiques, seule ou en collaboration. Sa rencontre avec l’artiste, Hassan Hajjaj s’inscrit dans cette dynamique… On a hâte de les découvrir !

 Elements Shourouk

Alors Shourouk, qu’est ce que tu nous racontes ?

Ton style en 3 mots ?

 J’ai jamais pu expliquer mon style. Y a plein de chances qui rentrent : Dynastie, les années 80, Dallas. Après le coté Diana Vreeland, pas très belle mais avec un caractère bien trempé, hyper féminine. Ça passe aussi par Frida Kahlo..  Je suis fasciné par Prada. J’aime mélanger, j’adore les marques mais pour moi le style, c’est mélanger une marque avec des choses que je trouve ici ou là. Après il y a aussi le coté Bollywood (que ma mère adorait comme Dallas)… Et après j’ai passé une bonne dizaine d’année entre l’Inde et la France (tous les aller retours). Je me sens très  attachée à l’Inde. Mon style c’est un peu tout ça. C’est une machine à laver… et à la sortie ça donne Shourouk.

Tes sources d’inspiration en ce moment ?  

Je travaille sur une collection sur la Méditerranée où je m’inspire d’objets et souvenirs de la Tunisie, où j’ai mes origines  (des poissons, qui sont un porte-bonheur en tunisie) des boucles d’oreille en fleurs. J’ai besoin de revenir à mes racines de médittérannée, la Tunisie mais aussi la  Sicile. Mais j’intègre aussi bien un coté bling avec le coté French Riviera,  Monaco.

 

La tendance que tu aurais aimé lancer ?

J’aurais voulu inventer le style Yves Saint Laurent, inspiré par LouLou de la Falaise. Cette femme superbe qui savait mélanger le vintage, les turbans, et l’héritage classique. J’aurais voulu lancer cette mode, chic, glamour, qui est une ode au voyage.

La tendance que tu aurais aimé empecher ?  

Le sarouel ! J’ai pas compris…. Mais qui porte ça !!!! je déteste.

Ton objet fétiche ?

Mon rouge à lèvre. J’en ai toujours plein dans mes sacs. Comme mes sacs sont en PVC transparent du coup,  je cherche des belles choses à mettre dedans. En ce moment c’est un Tom Ford. 

Il y aussi mon Parfum : Grand Bal de Dior… rien que le nom j’adore ! et une paire de chaussures Chanel…

Ton créateur de mode préféré ?

Elsa Schiaparelli. …. Et son hétirère pour moi, Miuccia Prada. J’aime leur manière de voir la féminité, mélangée à l’ironie, l’humour.

Ton adresse mode préférée ?  

Je suis très vintage. Evidemment Didier Ludot au jardin du palais royal à paris. Après tout ce qui est puce de St Ouen… c’est mon playground, ou je trouve mes chaussures vintage.

Ton havre de paix ?

Sidi Bou Said en Tunisie, le jasmin, le bougainvillier, une citronnade…. Un endroit magique ou je me sens bien, où je me sens le mieux. C’est chez moi.

Ton truc en plus ?

Ma fantaisie, mon auto-dérision,  l’ironie, mon sens de l’humour. Aujourd’hui les femmes manquent de fantaisie. Les hommes aussi ! Tout le monde se prend au sérieux !

En enfin, ton conseil pour la suite ?

Think Pink ! Think Bling.

Merci Shourouk !

 François Pignol et Shourouk

Pour retrouver les créations de Shourouk /

Son site /

Son e-shop /