Mode

Purse ou la Vie

 sac purse chanel

Conversation glanée à Paris aux Galeries Lafayette à l’étage maroquinerie entre une jeune fille et un ami. Ce dernier, résolument passionné par les articles en vente dans ce rayon, apercevant au loin le corner d’une célèbre maison de mode la rue Cambon dit à son amie : « si j’étais une fille, je pourrais m’arrêter de manger pour un sac à main » et elle de répondre « m’en parle pas, je suis grave à découvert depuis que j’ai acheté mon dernier sac, il est trop beau». A les entendre, je me suis dit qu’au moins, comme son sac était en cuir, en cas de disette, elle pourrait toujours le déguster avec une bonne salade verte.

Trêve de plaisanterie, cette conversation m’a fait réaliser à quel point le sac à main, ou « purse » en english était devenu bien plus qu’un objet pratique du quotidien. Qu’elle se sente moderne, baroudeuse, voyageuse, glamour, fatale ou Lady, la jeune femme d’aujourd’hui rêve d’un sac à main de grande maison, comme moi d’un Mont Blanc de chez Ladurée (je suis très gourmand comme je vous le disais). Ce qui est bien pour elles, c’est que les maisons de mode l’ont bien compris. A chaque saison son purse à la mode, un jour Céline, l’autre Chloé, et toujours les iconiques Chanel, Vuitton ou Dior – sans oublier bien sûr, le Saint Graal du Saint Graal : Hermès. Mais plus que la tendance de consommation, ce qui m’a surpris dans cette conversation de couloir, c’est le caractère presque sacrificiel et rituel lié à l’achat d’un sac à main. Telle une offrande faite au Dieu Mode l’acquisition d’un sac à main, relève aujourd’hui d’une sorte de rite de passage obligatoire qui peut conduire à des privations bien réelles. Je ne jouerai pas ici les épiciers bas de gamme qui parle d’argent mais c’est quand même pas donné ces petites choses en cuir (ou en toile).

Et pourtant. Pour être tout à fait honnête avec vous, je dois vous avouer que j’ai moi aussi, à ma manière succombé à cette petite folie. Je cherchais pour dernier anniversaire un cadeau « beau et utile » et chemin faisant toujours aux mêmes Galeries Lafayette, j’ai jeté mon dévolu sur…un magnifique baise-en-ville (ou sacoche, mais c’est moins heureux) de chez Saint Laurent, en cuir bleu marine. D’habitude assez peu soigneux, j’y prends le plus grand soin, de peur de que le Dieu Mode ne me rejette de sa communauté. Comme quoi…  

Alors, le purse ou la vie ? Maintenant je comprends qu’on puisse douter.

A suivre.

François Pignol