Mode

Really ? La copie made in Zara

 Really ? La copie made in Zara

On ne va pas cracher dans la soupe, Zara nous habille toutes et nous permet de suivre la mode sans dépenser des fortunes. La qualité honorable des modèles et le renouvellement permanent des collections en ont fait l’une des principales marques mondiales et le magasin fétiche des modeuses modestes. Mais aussi le plus grand faussaire de la mode…

Vestes, chemises, jeans, chaussures, on y trouve aussi bien les plus parfaits basics pour aller travailler que les dernières pièces à la mode. Le seul hic ? Loin d’être originales, ces pièces sont souvent de pâles copies des véritables créations des grandes maisons de couture. Preuve en est, les ballerines Miu Miu, sorties cet été et aussitôt vues aux pieds de toutes les it girls, se sont retrouvées, comme par enchantement, dès cette rentrée dans les rayons des boutiques Zara. Idem pour les fameuses ballerines Chanel aux bouts cernés de noir ou l’éternel matelassé des sacs de la même marque. Perfecto de cuir noir doublé de mouton à la Iro, veste à broderies digne des plus belles Isabelle Marant, long manteau de cashmere à la Dior ou petite robe en pied-de-poule à la Chanel, tous les modèles qui ont marqué les derniers défilés se retrouvent sur les cintres du temple de la copie. Et sur les corps des femmes de la planète.

 MIU MIU VS ZARA

Chose étrange, si acheter un faux Chanel ou une copie Vuitton est une faute de goût impardonnable, annoncer fièrement « T’as vu ça ? On dirait des Miu Miu non ? Bah c’est Zara ! » semble non seulement autorisé, mais surtout apprécié. Evidemment, mieux vaut dire la vérité que de mentir et faire passer ses ballerines en cuir de moindre qualité pour une vraie paire de marque. Mais de là à en faire une fierté, il n’y a qu’un pas. Que nombreuses sautent allégrement, chaussées de leurs ballerines copiées. Pourtant, c’est oublier que la beauté d’un modèle ne tient pas seulement à sa popularité et au nombre de stars qui le portent mais d’abord à sa qualité et au travail de création et de fabrication qu’il a demandé. De même, le plaisir de pouvoir s’offrir la dernière paire accessible à la mode, copie or not, n’est pas le même que celui qu’on ressent quand, ayant assez économisé, on peut se payer la pièce de nos rêves. Enfin, si la durée de vie des vêtements Zara est souvent égale au temps que la prochaine tendance mettra à les chasser hors de nos placards, quand on décide de s’acheter une pièce d’une grande maison, c’est souvent pour la garder à vie. Et là encore, le plaisir est décuplé.

Alors ok, Zara nous permet d’assouvir notre besoin de mode et de nous offrir certains modèles qu’on ne pourrait, autrement, jamais s’autoriser. Mais ce faisant, elle nourrit également notre boulimie de vêtements et nos habitudes de surconsommation, et fait oublier le goût des belles choses. Et surtout du vrai style qui n’est pas d’acheter ce que tout le monde porte, mais de se retrouver dans ce qu’on porte. De préférence, des pièces originales et de qualité ; à notre image.  Une fois encore ; less is more.