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Really ? Halloween à l’âge adulte

 Really ? Halloween à l’âge adulte : Heidi Klum, JLO, Gigi Hagid (c)Seth Browarnik, Startraksphoto.com

Se déguiser passé 12 ans, amusant ou effrayant ? 

Enfants, les occasions de se déguiser et de s’amuser ne manquent pas ; mardi gras, photo de classe, anniversaires, boom, spectacles de fin d’année… Hélas, une fois la barrière fatidique du lycée franchie, nous sommes sommés de laisser à l’entrer nos déguisements et nos ballons et d’apprendre les dates des fêtes pour adultes. Le beaujolais nouveau remplace ainsi le fanta, et les tenues du soir nos déguisements. Il est pourtant une fête qui, miraculeusement, traverse les âges et nous invite, le temps d’une soirée, à revenir en enfance. Halloween.

Peut-être est-ce parce qu’elle est censée effrayer en nous invitant à nous transformer en morts-vivants plutôt qu’en Reine des Neiges qu’elle a su perdurer. Le ridicule du déguisement passé 12 ans serait ainsi désamorcé par le label « fête pour adultes » que son origine première, la célébration du début de la saison sombre et de la nuit du dieu de la mort (Samain) chez les Celtes, autorise. Ou peut-être est-ce, plus simplement, parce qu’on regrette tous de ne pas pouvoir plus souvent nous déguiser. Et qu’on en veut à la sacro-sainte tradition d’avoir banni des terres adultes les fêtes où nous pouvons faire tomber nos costumes d’adultes pour nous métamorphoser. Nous amuser. Preuve en est, alors qu’elle n’était pas si populaire il y a une vingtaine d’années en France, la fête d’Halloween est aujourd’hui célébrée partout, dans les restaurants, les clubs, les appartements privés. De même, après la grande mouvance des soirées électro dans lesquelles seul le son importait, les trentenaires courent après les soirées déguisées comme celle, gigantesque et impressionnante, des Ambassadeurs, grande messe parisienne qui propose chaque année un thème et dans laquelle les costumes les plus fous défilent au son des meilleurs djs. Ou, à l’étranger, l’impressionnant festival Burning  Man dont les fidèles ne cessent d’augmenter. En privé aussi, de plus en plus d’anniversaires se font le prétexte de soirées costumées aux thèmes parfois très audacieux (notamment l’anniversaire Christique pour honorer les 33 printemps des moins religieux), quand d’autres ne s’embarrassent pas même de prétexte et organisent directement un bal costumé.

Ce que le succès de la fête d’Halloween  semble ainsi révéler, c’est moins notre goût pour les sucreries que notre amour des déguisements et des fêtes où l’on peut enfin devenir celui ou celle que nous rêvions aussi de devenir. Celui ou celle, se dit-on, qu’on ne sera peut-être jamais. Ou celui ou celle que nous n’osons pas être. C’est aussi l’occasion de s’amuser autrement, sans se prendre au sérieux mais en déconnant vraiment, et en laissant parler notre imagination. L’occasion, enfin, de fuir le réel parfois trop gris ou trop violent, pour danser dans le monde des rêves en toute impunité.