Mode

Uniformes, multi-mode, quand les créateurs se mettent à l’uniforme.

 CATCH ME IF YOU CAN

Qu’ils le servent ou s’en servent, les créateurs aiment l’uniforme. Et nous aussi !

On vous le disait lundi, les créateurs se sont beaucoup inspirés des uniformes pour créer. Militaire, navy, cavalière ou écolière, ils les ont tous repris pour mieux les détourner. Mais tous ont également mis leurs doigts de fée et leur créativité à leur service pour revisiter les uniformes des plus belles compagnies ou de grandes entreprises et parer les travailleurs des plus beaux atours. La preuve !

Quand les grands se mettent à l’uniforme.

Depuis les années 40, les plus grands couturiers ont mis leur art au service de grandes entreprises, publiques ou privées, pour revisiter les uniformes de leurs employés.

Et la première à en jouir fut l’administration publique elle-même ! Dès 1985, Balmain revoit l’uniforme de la Police Nationale (et vire au passage le képi). Trente ans plus tard, c’est à Balenciaga de rhabiller la police après avoir revêtu les pompiers. Les contrôleurs SNCF ne sont pas en reste puisque c’est le cabinet de tendances Nelly Rodi qui les a récemment parés.

Mais c’est dans le privé que le fait est le plus courant. A commencer par les grandes chaines hôtelières : Alexander McQueen pour les hôtels du Gansevoort Hotel Group, Jean-Charles de Castelbajac pour le personnel des Sofitel, Narciso Rodriguez au Park Hyatt de New York, Michael Kors et Gwen Stefani pour les hôtels W ou Yohji Yamamoto au Royalton de New York. Si l’habit fait le moine, l’hôtel mise tout sur l’uniforme pour faire rêver ses clients. En magasins aussi, les vendeuses se font mannequins ; en 2013, à l’occasion de l’ouverture de sa boutique des Champs-Elysées, Marionnaud a chargé Carven de revoir ses uniformes, emboitant le pas à Esthée Lauder qui mandata les créateurs Carol Lim et Humberto Leon (Opening Ceremony, Kenzo) pour réinventer les siens.

 

Toutefois, la compagnie emblématique en la matière reste Air France qui a vu défiler les plus grands noms de la mode sur les étiquettes de ses uniformes et en a fait l’un des piliers de son identité. Après Dior, Balenciaga et Nina Ricci, c’est Christian Lacroix qui, depuis 2005, habille son personnel. D’autres compagnies s’en sont évidemment inspirées et c’est sans surprise qu’on a retrouvé Balmain chez Singapore Airlines, Pucci chez Qantas, Vivienne Westwood chez Virgin Galactic ou Carven, grand leader sur ce marché, chez Air India, Kuwait Airlines, Saudi Arabian Airlines et récemment dans le vestiaire des employés des Aéroports de Paris.

La liste ne serait pas complète si l’on omettait le sport, autre terrain favori des uniformes et nouveau terrain de jeu des créateurs. Ralph Lauren, Stella McCartney, Prada, Armani ou Hermès ont tous habillés les athlètes des Jeux Olympiques, tandis que les footballers du Milan A.C. courent depuis 2004 en Dolce & Gabbana. Quand l’uniforme est multi-marques…

Et nous, on s’en inspire comment ?

Hors de question d’endosser l’uniforme des policiers ou de parader en hôtesse de l’air dans la rue à moins de savoir piloter. Mais on peut s’en inspirer et leur piquer quelques trucs. Aux policiers par exemple, on chipera les pantalons bleu marine, repris par Balanciaga dans sa propre ligne, qu’on rentre dans des boots plates et porte avec un petit pull féminin. On leur pique aussi la chemise bleu « glacier », entendez bleu clair, à porter avec un jean, nouée à la taille, et des ballerines ou des talons hauts. Côté hôtels, on s’inspire des jupes crayons et des robes ultra moulantes des hôtesses d’accueil pour se faire une silhouette chic et sexy, en jouant, comme les créateurs, sur le détail : dos dénudé, jupes taille très haute et chemisiers fins, on sort du lot en accessoirisant et choisissant les couleurs qui nous vont. On pique aussi au bar tender l’ensemble, chemise et veston, ou le costard trois pièces, à féminiser avec une paire d’escarpins. Enfin, pour s’envoyer en l’air sans se déguiser en hôtesse de l’air, on s’inspire de leur taille serrée pour ceinturer, comme elles, nos jupes, nos robes et nos combi avec de grosses ceintures. Pour les précieuses, ou les plus excentriques, les gants blancs font aussi leur effet (à porter occasionnellement, en soirée par exemple). Et si on est plus jean que jupe, on leur pique le foulard noué autour du cou et légèrement décalé, à porter avec un simple t-shirt blanc, un pull à col rond de couleur ou une chemise en jean.