Mode

Zoom sur La marinière

 Zoom sur La marinière, Elisa Sednaoui, Darel

Marinière, n, f ; Maillot de corps à manches longues à rayures horizontales étroites bicolores bleues et blanches.

Qui la porte ? 

Avant qu’Arnaud Montebourg n’en fasse l’étendard de sa lutte pour le « made in France », la marinière était, comme son nom l’indique, l’uniforme des marins. Aussi appelée « tricot rayé », elle apparaît dès le début du XIXème siècle mais c’est en 1858 qu’un règlement publié au Bulletin officiel de la marine introduit le tricot rayé bleu et blanc dans la liste des uniformes de matelots de la marine nationale. Servant alors à la fois de maillot de corps et de sous-vêtement, il est fait de jersey et descend jusqu’aux cuisses. Dans les années 1910, la mode s’en empare et Coco Chanel en fait son uniforme, arborant son tricot rayé rentré dans un pantalon et détournant ainsi, comme à son habitude, un vêtement typiquement masculin. Mais elle n’en fait pas une des pièces de sa collection et c’est le grand Yves Saint-Laurent (him again) qui lui offre ses lettres de noblesse en créant sa version de luxe, une robe en sequins, pour sa collection « matelot » en 1966. Après lui, Jean-Paul Gaultier en fait sa marque de fabrique et lance la grande valse des reprises, notamment par Lagerfeld pour Chanel ou, en 2009, Christophe Decarnin pour Balmain. Devenue classique et imparable, on ne compte plus le nombre de marques qui l’ont déclinée (Petit Bateau, Amor Lux, Zara, H&M, Sandro…. tout le monde en fait) et de célébrités qui l’ont adoptée (Brigitte Bardot, Audrey Hepburn, Picasso, Jean Seberg, Vanessa Paradis, Kate Moss, Alexa Chung…).

Quand l’adopter ? 

A toutes les saisons et en toute occasion ; parfaite l’été pour sortit le soir sans avoir l’air trop habillée, ou pour arpenter les rues la journée, elle habille un short ou une jupe, et fait un look en deux minutes associée à un jean.  A l’automne on ne l’abandonne pas mais on l’enfile sous un trench et on la rentre dans son pantalon ou son jean. Quand l’hiver arrive, ses manches longues nous protègent et en font le sous-pull idéal qu’on peut laisser dépasser en remontant les manches de son pull, en la mettant sous un top à manches courtes, sous un pull fin ou un gilet en V. Et quand la neige se met à tomber, on abandonne le jersey pour se trouver une marinière en laine (celles de Saint James sont iconiques et très chaudes). Au retour des beaux jours, on la ressort et en tout temps, on joue sur ses déclinaisons.

Laquelle on choisit ? 

A manches courtes ou longues, en robe ou en débardeur, en soie, en sequins, en laine ou en coton, à rayures bleues, blanches, rouges ou noires, à col rond, roulé, carré ou V, on sort la grand voile ! La tenue imparable reste le mix jean/vareuse rayée blanche et bleue à manches longues, rentrée dans son pantalon ceinturé, qu’on peut porter 365 jours par an. L’été, on se laisse tenter par sa version robe, version YSL en la choisissant courte, ou, plus moderne, en la chopant longue et très fine. On n’oublie pas les débardeurs marins qu’on rentre dans un short blanc ou une petite jupe en jean brut comme celle de chez APC. A la rentrée, on la shoppe en coton épais pour ne pas attraper froid, ou en laine fine, et l’hiver on l’adopte dans sa version pull, en cashmere ou en grosse laine, surmonté d’un col cheminée. On n’oublie pas de varier les couleurs en la choisissant bleue marine ou noire à rayures blanches, ou blanche à rayures rouges ou vertes, qu’on porte sur une petite jupe en cuir, un pantalon en velours ou un jean slim. Au printemps, on la glisse sous une chemise blanche ou sous un top à manches courtes en jouant sur les superpositions, et on la révèle sous un caban, un trench, une veste en cuir ou en jean. Enfin, on fait attention aux détails (boutons d’or sur le côté, dentelle, col haut ou fendu) pour faire la différence. Let’s go sailors !

Shopping